TCHAD: non application de l’accord de paix, retour à la situation chaotique

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N’DJAMENA, 12 SEPTEMBRE (ASPAMNEWS)- Le président de la commission “Paix, cohésion sociale et réconciliation nationale” au dialogue national, l’ancien ministre Abdraman Djasnabaille, a suggéré le 7 septembre la mise en place d’une structure forte pour gérer, suivre et garantir la mise en oeuvre des accords, notamment l’accord de paix de Doha ou encore les résolutions du dialogue national :

« La non-application des accords, c’est une question. Rien n’a été appliqué, c’est pour ça que les gens viennent et repartent. Il faut mettre en place une structure forte qui puisse gérer, suivre, garantir. Si l’accord de Doha n’est appliqué, ça va être grave. Il faut mettre en place une institution spéciale (…) pour éviter que demain, on ne revienne à la case départ. Souvent, l’on dit que l’État a des agendas cachés. Les politico-militaires aussi, ils ont les mêmes comportements ».

L’ancien ministre a mis en garde en garde contre l’absence de solutions face au chômage des jeunes :

« Les jeunes, à l’époque, ils étaient dormants. Aujourd’hui, ils sont éveillés. (…) C’est eux qui sont tout le temps dans la rue, qu’on manipule également. Ils ont leurs propres problèmes et les gens essayent de les instrumentaliser pour créer des désordres dans les quartiers ».

Fatimé Abdelkerim Soumaïla, participante au dialogue national inclusif et souverain, propose elle, un État unitaire fortement décentralisé et met l’accent sur une justice équitable ainsi qu’une bonne gouvernance :

« Sommes-nous réunis ici pour l’intérêt général de tous les tchadiens ou pour notre intérêt personnel ? Si c’est pour l’intérêt de tous les tchadiens, nous devons choisir une forme de l’État qui servira le mieux la population. À mon avis, c’est un État unitaire fortement décentralisé, avec un mécanisme judiciaire modernisé et un outil de performance de la bonne gouvernance ».

L’Inspectrice générale d’État estime que le choix d’un État fédéral n’est pas forcément la solution, dès lors qu’il n’y a pas de justice ni de bonne gouvernance :

Tout se pose sur la bonne gouvernance. Tant qu’il n’y a pas une bonne gouvernance, que ce soit un État unitaire fortement décentralisé ou un État fédéral, on ne va jamais aboutir à un développement. Dans l’État fédéral, quand il n’y a pas une justice équitable et une bonne gouvernance, on va retourner à la même situation. Avec l’État unitaire fortement décentralisé, on donne la latitude à la population d’élire les maires et les députés ».

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