ISRAËL: carnage du Hamas dans les kibboutz, des ONG internationales alertent

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TEL AVIV, 11 OCTOBRE (ASPAMNEWS)-Les pertes continuent de s’alourdir, tandis que de nouveaux massacres de civils sont découverts. Dans le kibboutz de Kfar Aza, situé à 2 kilomètres de la bande de Gaza, l’assaut du Hamas a viré samedi au carnage de plus d’une centaine de civils, selon des militaires israéliens. En Israël, le dernier bilan fait état de plus de 1 200 morts et de plus de 2 800 blessés selon l’armée. Du côté palestinien, il est passé à au moins 1 055 morts et plus de 5 100 blessés, selon le ministère de la santé gazaoui. Par ailleurs, Tsahal a déclaré avoir retrouvé « environ 1 500 corps » de combattants du Hamas en Israël, depuis l’attaque lancée samedi par l’organisation islamiste.

Dans le kibboutz de Kfar Aza, l’odeur des cadavres et du brûlé se mêle à celle de l’herbe fraîche et des cyprès. La mort s’est invitée de la façon la plus violente dans cette petite communauté de maisons basses et de jardins proprets, pour se répandre dans les cours et les vergers, les terrasses, les chambres et les recoins les plus reculés.

Sous le regard de journalistes de la presse internationale conviés par l’armée israélienne le 10 octobre, les soldats vérifient les maisons une par une, à la recherche d’ennemis retranchés, de mines artisanales ou de grenades non explosées, d’éventuels survivants mais, le plus souvent, des victimes de l’attaque du 7 octobre, appelée à devenir une date capitale dans l’histoire d’Israël et du judaïsme : le jour où le Hamas a pris plus de vies – 1 200 morts ont été dénombrés, selon un nouveau décompte – que durant la seconde intifada (2000-2005). Le jour du pire massacre de juifs depuis la Shoah.

« On récupère les corps et on les met dans des sacs. Les terroristes ont tué ceux qu’ils n’ont pas kidnappés ou qui n’ont pas fui. Il n’y a pas de survivants. C’est un cauchemar », dit un réserviste tout juste mobilisé, les yeux hésitants entre l’effarement et la tristesse – un homme, tué avec deux enfants, vient d’être découvert. Trois victimes de plus, pour une localité qui comptait 700 habitants, la semaine dernière. Aucun décompte n’a été effectué, pour l’instant.

– Déroulement de l’offensive –

Le Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza et ennemi juré d’Israël, a lancé son offensive samedi à l’aube, en plein shabbat, le repos hebdomadaire juif, et 50 ans et un jour après le début de la guerre israélo-arabe de 1973.

Il a dit avoir tiré 5.000 roquettes sur Israël pendant que ses combattants utilisaient des explosifs et des bulldozers pour franchir la barrière séparant Gaza du territoire israélien, attaquant des positions militaires et des civils en pleine rue.

A bord de véhicules, de bateaux et même de parapentes motorisés, les combattants se sont emparés d’équipements militaires israéliens et se sont infiltrés dans des zones urbaines d’Israël comme Ashkelon, Sdérot et Ofakim, à une vingtaine de kilomètres de la bande de Gaza, une enclave pauvre peuplée de 2,3 millions d’habitants.

– Réponse d’Israel-

« Ce que le Hamas va vivre sera difficile et terrible (…), nous allons changer le Moyen-Orient », a déclaré lundi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu qui appelle à la formation d’un « gouvernement d’union nationale ».

L’armée israélienne, qui a compté plus de 3.000 tirs palestiniens, a déclenché samedi l’opération « Sabre de fer », menant des frappes aériennes et détruisant des bâtiments présentés comme des « centres de commandement » du Hamas à Gaza.

Plus de 260.000 Palestiniens ont été déplacés à l’intérieur de Gaza à cause des frappes, selon l’ONU.

Israël impose depuis lundi un « siège total » à la bande de Gaza et a annoncé avoir déployé des dizaines de milliers de soldats dans le sud du pays qui se sont battus contre les combattants infiltrés. Il s’efforce aussi de sauver les Israéliens pris en otage par le Hamas.

Par ailleurs, les autorités israéliennes ont décidé d’évacuer les habitants des alentours de Gaza et ordonné l’arrêt « immédiat » de l’approvisionnement en eau de la bande de Gaza, soit 10% de la consommation annuelle en eau du territoire.

– Combien de morts et de disparus? –

Au total, la guerre a déjà fait plus de 3.600 morts de part et d’autre, civils, soldats israéliens et combattants palestiniens.

En Israël, plus de 1.200 personnes ont été tuées, selon le porte-parole de l’armée israélienne. Des ONG ont affirmé que plus de 100 personnes avaient été tuées dans un seul kibboutz dans le sud d’Israël et que quelque 250 personnes avaient été tuées lors d’un festival de musique auquel participaient des centaines d’Israéliens près de Gaza.

Côté palestinien, plus de 900 personnes sont mortes, d’après les autorités locales. Le Hamas a annoncé que deux de ses hauts responsables avaient été tués par des frappes israéliennes.

L’armée israélienne a annoncé en outre mardi avoir récupéré les corps de 1.500 combattants du Hamas dans les zones voisines de Gaza.

Au moins 18 Thaïlandais, 14 Américains, dix Népalais, huit Français, sept Argentins, quatre Russo-Israéliens, deux Ukrainiennes, deux Britanniques, deux Péruviens, deux Philippins, un Cambodgien, un Canadien et un Brésilien ont été tués depuis samedi selon les autorités de leurs pays respectifs.

Israël a reconnu que des civils et militaires israéliens avaient été enlevés. De nombreux ressortissants étrangers sont portés disparus. Quatre des otages aux mains du Hamas ont été tués dans les frappes israéliennes, a affirmé le mouvement palestinien.

Huit journalistes palestiniens ont également péri dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza depuis samedi. « Plus de 263 934 personnes à Gaza auraient fui leur domicile », révèle le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) dans un communiqué publié mardi. Ce nombre devrait « continuer d’augmenter » au fur et à mesure qu’Israël met en place sa riposte à l’attaque du Hamas.

Depuis l’offensive de samedi conduite en Israël par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, la guerre a déjà fait plus de 3 000 morts au total, civils, soldats israéliens et combattants palestiniens confondus. 

L’armée israélienne a déclenché samedi l’opération « Sabre de fer », menant des frappes aériennes et détruisant des bâtiments présentés comme des « centres de commandement » du Hamas à Gaza.

L’attaque du Hamas a été condamnée par de nombreux pays occidentaux, mais le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, tout en reconnaissant les « inquiétudes légitimes d’Israël pour sa sécurité », s’est dit « profondément bouleversé » par l’annonce des autorités israéliennes du « siège total » de la bande de Gaza. Israël y a ordonné la « coupure immédiate » de l’approvisionnement en eau de l’enclave palestinienne, après les suspensions des livraisons d’électricité et de nourriture.

Le bilan des attaques en Israël est passé à plus de 1 200 morts côté israélien. À Gaza, des responsables ont fait état d’au moins 900 personnes tuées depuis le début des frappes aériennes.

Les bombardements ont détruit plus de 1 000 logements et 560 autres, lourdement endommagés, ont été rendus inhabitables, selon l’OCHA, qui cite les autorités palestiniennes.

Près de 175 500 déplacés ont trouvé refuge dans des écoles gérées par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), ajoute l’organisation. 74 000 personnes se sont aussi réfugiées chez des proches ou des voisins, ou bien dans d’autres lieux tels que des églises.

Le nombre de déplacés à l’intérieur de la bande de Gaza « représente le nombre le plus élevé de personnes déplacées depuis l’escalade de 50 jours (pendant) les hostilités de 2014 », ajoute l’ONU. « Subvenir aux besoins élémentaires devient de plus en plus compliqué » même pour les personnes non déplacées, avertit l’Ocha.

Situation sanitaire catastrophique

Depuis le début du conflit samedi, des ONG internationales de médecins alertent sur la situation sanitaire dans la bande de Gaza, et réclament un couloir humanitaire pour appuyer la réponse médicale et le respect du droit humanitaire.

« La situation est catastrophique […] Je ne pense pas que quiconque soit en sécurité à Gaza », déplore Sarah Chateau, responsable du programme Palestine pour Médecins sans frontières.

Sur place depuis plus de 20 ans, MSF compte 300 employés palestiniens et 20 internationaux. « On a transféré nos équipes dans un bâtiment des Nations unies. Les bombardements étaient tellement massifs que les risques étaient trop gros » a-t-elle ajouté. « Avec l’état de siège total, jusqu’à quand nos équipes vont-elles pouvoir tenir ? On a besoin d’un couloir humanitaire pour appuyer la réponse médicale, amener du matériel, remplacer les équipes sur place » implore Sarah Chateau.

« Le transport des malades est réduit avec le blocus, l’intensité des bombardements. Notre équipe joue sa survie, c’est très difficile pour eux de pouvoir assurer leur travail », se désole le médecin Jean-François Corty, vice-président de l’ONG Médecins du Monde qui compte une trentaine d’effectifs en Cisjordanie et une vingtaine à Gaza.

Rappelant que « 80 % de la population est dépendante de l’aide humanitaire », il demande que « le droit humanitaire international soit respecté » pour pouvoir « faire entrer des médicaments et que les civils soient épargnés »

– Ce que dit le Hamas –

Le Hamas a menacé lundi soir d’exécuter des otages israéliens en réaction aux frappes sur la bande de Gaza.

« Chaque fois que notre peuple sera pris pour cible sans avertissement, cela entraînera l’exécution d’un des otages civils (…) L’ennemi ne comprend pas le langage humanitaire et éthique, donc nous allons leur parler un langage qu’ils comprennent », a-t-il menacé.

Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché l’offensive pour « mettre fin aux crimes de l’occupation ». Israël occupe depuis 1967 la Cisjordanie, elle a annexé la partie orientale de Jérusalem et impose depuis 2007 un strict blocus à la bande de Gaza.

« Nous sommes sur le point de remporter une grande victoire », avait affirmé Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, au début de l’offensive.

Le mouvement a appelé « les combattants de la résistance en Cisjordanie » occupée ainsi que « les nations arabe et musulmane » à rejoindre son combat.

– Un « deuxième front »? –

« Profondément inquiets », les Etats-Unis ont averti lundi soir le Hezbollah libanais de ne pas ouvrir un « deuxième front » contre Israël, après que le mouvement pro-iranien, bête noire d’Israël, a bombardé deux casernes israéliennes en réponse à la mort de trois de ses membres dans bombardements israéliens sur une zone frontalière au sud du Liban.

Plus tôt dans la journée de lundi, les « Brigades al-Qods », la branche militaire du Jihad islamique palestinien, qui affirme épauler le Hamas, a revendiqué une opération d’infiltration en territoire israélien depuis le Liban.

L’armée israélienne a, elle, indiqué avoir « tué plusieurs suspects armés qui s’étaient infiltrés sur le territoire israélien depuis le territoire libanais ».

Mardi, la branche militaire du Hamas a revendiqué avoir tiré trois salves de roquettes depuis le sud du Liban vers Israël.

– Réactions –

Le président américain, Joe Biden, a qualifié les attaques du Hamas de « mal à l’état pur », faisant état de nouvelles « bouleversantes » de « bébés tués, de familles entières massacrées ».

Les Etats-Unis sont prêts à déployer des « ressources supplémentaires » pour soutenir Israël, a dit M. Biden, Washington ayant déjà envoyé de l’aide militaire et rapproché son groupe aéronaval en Méditerranée.

Des ONG ont de leur côté alerté sur la situation sanitaire dans la bande de Gaza, réclamant un couloir humanitaire pour appuyer la réponse médicale, tandis que le ministère de la Santé dans l’enclave a averti que le manque de fournitures et de médicaments conduirait à une « situation catastrophique ».

L’ONU a rappelé que le siège total de la bande de Gaza par Israël est « interdit » par le droit international humanitaire et l’Union européenne a décidé de maintenir son aide au développement destinée au peuple palestinien.

L’Egypte, l’Arabie saoudite et le Qatar affirment multiplier les contacts pour mettre fin à l’escalade.

L’Iran s’est placé en première ligne du soutien à l’offensive du Hamas, tout en rejetant les accusations sur son implication.

Le patron de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a assuré que son organisation rejetait la violence « des deux côtés ». Les ministres arabes des Affaires étrangères se réuniront mercredi au siège de la Ligue arabe au Caire. (SYB/2023)

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