Des roquettes tirées de part et d’autre, impossible négociation sur les otages

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13 OCTOBRE (ASPAMNEWS)-Au septième jour de la guerre, Israël poursuit ses bombardements sur Gaza ce vendredi 13 octobre et vient de donner l’ordre à une partie de sa population d’évacuer. De quoi présager de l’imminence d’une offensive terrestre. Pendant cet temps, au moins 150 personnes sont kidnappés et en otage : soldats, enfants, femmes et personnes âgées, Israéliens, binationaux ainsi qu’étrangers. Mais l’intransigeance du mouvement islamiste et le refus du gouvernement Nétanyahou d’en faire une monnaie d’échange laissent peu de place, pour l’heure, aux tentatives de médiations.

« Tout comme l’organisation Etat islamique a été écrasée, le Hamas sera écrasé », a promis, jeudi 12 octobre, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, laissant présager une offensive terrestre dans la bande de Gaza. La détermination d’Israël à faire payer le prix fort au mouvement islamiste palestinien pour la mort des 1 200 Israéliens tués dans l’attaque du 7 octobre laisse peu de place à la négociation sur le sort des otages détenus dans l’enclave.

Le gouvernement Nétanyahou refuse de céder au chantage du Hamas, qui réclame la fin des bombardements israéliens en préalable à l’ouverture de tractations et menace, dans le cas contraire, d’exécuter les otages, un à un.

Le nombre d’otages aux mains du Hamas donne une dimension inédite à cette guerre. Des soldats ont été capturés, ainsi que des enfants, des femmes et des personnes âgées. Parmi eux se trouvent des Israéliens, mais aussi des binationaux et des étrangers, conférant au dossier une dimension internationale.

Sept jours après leur capture, il n’existe encore que des estimations : ils seraient au moins 150. Les autorités israéliennes ont notifié à 97 familles que leurs proches avaient été capturés, mais des dizaines de personnes sont encore portées disparues, et des corps sont en cours d’identification.

Le Hamas se refuse à communiquer un nombre. « Nous ne les avons pas comptés. Ils sont aux mains de différents groupes. La majorité des factions de la résistance palestinienne ont pris des prisonniers de guerre parmi les soldats et les colons [terme qu’emploie le Hamas pour désigner les Israéliens, y compris ceux vivant sur le territoire israélien].

Le chef du Jihad islamique a annoncé que son mouvement a pris trente prisonniers. Les civils aussi ont pris des prisonniers », a commenté au Monde Moussa Abou Marzouk, le représentant des affaires étrangères du Hamas, à Doha. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a ouvert un canal de discussions avec le mouvement pour obtenir des informations sur leur sort.

« C’est très très dur »

« On a un engagement soutenu et continu avec le Hamas, qui se passe souvent face à face. Aujourd’hui, on espère pouvoir avoir une issue positive, mais c’est très très dur », reconnaît Fabrizio Carboni, le directeur régional du CICR pour la région Proche et Moyen-Orient. Le CICR réclame de pouvoir effectuer des visites humanitaires et de permettre aux otages de communiquer avec leurs familles.

« Il y a des personnes qui ne devraient pas être détenues et qui doivent être relâchées », ajoute M. Carboni, insistant sur le fait que le Hamas a « l’obligation unilatérale » de mettre fin à cette situation, contraire au droit international humanitaire.

L’évacuation de Gaza « prendra du temps », admet l’armée israélienne, sans confirmer le délai de 24 heures

L’armée israélienne a admis vendredi que l’ordre d’évacuation donné plus tôt aux Palestiniens de fuir le nord de Gaza « prendrait du temps », après une annonce plus tôt de l’ONU indiquant que l’armée avait donné un délai de 24 heures. « Nous essayons de donner du temps et nous faisons beaucoup d’efforts, et nous comprenons que cela ne prendra pas 24 heures », a déclaré le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, lors d’une conférence de presse.

L’ONU demande à Israël d’annuler l’ordre d’évacuation. 

A New York, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a confirmé que l’armée israélienne avait informé l’organisation de cet ordre d’évacuation, qui concerne selon lui environ 1,1 million d’habitants du nord de la bande de Gaza. Il a averti qu’une évacuation d’une telle ampleur était «impossible sans provoquer des conséquences humanitaires dévastatrices». Dans ces circonstances, «les Nations Unies appellent fortement à ce que cet ordre […] soit annulé pour empêcher de transformer ce qui est déjà une tragédie en une situation calamiteuse», a-t-il insisté.

Au moins 258 soldats israéliens tués depuis l’attaque du Hamas. 

Au moins 258 soldats israéliens ont été tués depuis l’attaque sanglante lancée le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a indiqué vendredi l’armée israélienne. «Les familles endeuillées de 258 soldats ont été officiellement informées», a déclaré le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, lors d’une conférence de presse. Un précédent bilan fait état de 169 soldats tués.

Le roi de Jordanie met en garde contre un déplacement forcé des Palestiniens vers les pays voisins.

 Le roi Abdallah de Jordanie a mis en garde vendredi Israël contre toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens, même à l’intérieur du pays, après la directive d’Israël aux Gazaouis de se réinstaller dans la partie sud de l’enclave.

Dans une déclaration publiée sur le compte de la Royal Court sur la plateforme de médias sociaux X (ex-Twitter), il a déclaré qu’il ne devrait pas y avoir de «retombées» de la crise actuelle sur les pays voisins. Abdallah II, qui a reçu vendredi le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, a estimé que «la crise ne devrait pas se propager aux pays voisins et aggraver la question des réfugiés».

Des milliers de personnes dans les rues de Téhéran pour soutenir les Palestiniens. 

Des milliers d’Iraniens manifestent vendredi à Téhéran pour afficher leur soutien aux Palestiniens au septième jour d’une guerre sanglante entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, selon un journaliste.

Des manifestants ont brandi les drapeaux iranien, palestinien et du Hezbollah, scandant des slogans et tenant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «A bas l’Amérique» et «A bas Israël», a constaté un journaliste. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans d’autres villes du pays, où des drapeaux américains et israéliens ont été brûlés.

Poutine : l’opération terrestre d’Israël à Gaza entraînera des pertes civiles. 

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi qu’une opération terrestre israélienne à Gaza entraînerait des pertes civiles et que l’essentiel était d’arrêter l’effusion de sang. L’armée israélienne a appelé vendredi tous les civils de la ville de Gaza, soit plus d’un million de personnes, à se déplacer vers le sud dans les 24 heures, alors qu’elle rassemblait des chars en prévision d’une invasion terrestre attendue après une attaque dévastatrice du week-end par le groupe militant Hamas. Poutine, s’exprimant à Bichkek, au Kirghizistan, a déclaré que le conflit devait être résolu par des moyens pacifiques et que la Russie soutenait une solution à deux États.

L’offensive terrestre plus proche que jamais ? L’ordre d’évacuer une partie de Gaza lancé par Israël ce vendredi matin laisse supposer que le lancement de l’offensive terrestre sur l’enclave palestinienne est proche. L’armée israélienne a mis en place depuis lundi un «siège complet» de la bande de Gaza, sur laquelle elle a déjà fait pleuvoir 4 000 tonnes d’explosifs.

Le pays a mobilisé 300 000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats autour de l’enclave. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a promis jeudi, à l’issue d’un entretien à Tel-Aviv avec le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, «d’écraser» le Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne depuis 2007. (SPK/2023)

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