RDC: les FARDC lancent une contre-offensive contre les M23, Kigali veut une clarification de Washington et la société civile appelle à la rupture de relations diplomatiques avec le Rwanda et l’Ouganda

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KINSHASA, 19 FEVRIER (ASPAMNEWS)-Alors que les Etats-Unis ont appelé le Rwanda à retirer ses troupes et les systèmes de missiles de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Kigali a répondu rejetant l’appel américain, affirmant qu’il défendait le territoire rwandais alors que le Congo procédait à un « renforcement militaire spectaculaire » près de la frontière.

Le Rwanda a vivement réagi à la déclaration du département d’État américain datant du 17 février 2024. Selon le ministère rwandais des Affaires étrangères, qui a publié un communiqué dès le lendemain, cette prise de position médiatique « offre une vision profondément biaisée de la réalité, en contradiction flagrante avec l’esprit du processus de renforcement de la confiance initié par la Directrice du Renseignement National américain en novembre 2023, créant un cadre constructif pour une désescalade de la situation ».

Vincent Biruta, chef de la diplomatie rwandaise, a exprimé la volonté du Rwanda de demander des éclaircissements au gouvernement américain pour déterminer si cette déclaration marque un tournant dans sa politique ou résulte simplement d’un manque de coordination interne.

Parmi les points qui ont irrité les autorités rwandaises, figure la désignation des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) : « C’est le Département d’État américain qui avait ajouté les FDLR – alors connues sous le nom d’ALIR (aussi connues sous le nom d’Interahamwe et ex-FAR) – à sa liste des organisations terroristes en vertu du Patriot Act, suite à l’assassinat et aux viols de huit touristes occidentaux à Bwindi, en Ouganda, dont deux Américains », a rappelé le chef de la diplomatie rwandaise.

Il a également souligné : « Qualifier cette organisation génocidaire et terroriste de simple « groupe armé désigné comme ‘force négative’ par les organismes régionaux et le gouvernement de la RDC » est un acte de realpolitik choquant et cynique, remettant en question la capacité des États-Unis à servir de médiateur crédible dans la région des Grands Lacs ».

La déclaration du département d’État américain stipulait : « Il est essentiel que tous les États respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun et que tous les acteurs soient tenus responsables des violations des droits de la personne commises dans le cadre du conflit qui sévit dans l’est de la RDC. Nous appelons le gouvernement de la RDC à continuer à soutenir des mesures destinées à favoriser la confiance, notamment en cessant de coopérer avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé qualifié de « force négative » par les organismes régionaux et le gouvernement de la RDC, et qui expose la population civile à des risques ».

Vincent Biruta a souligné que le Rwanda se réservait le droit de prendre toutes les mesures légitimes pour défendre son pays tant que cette menace persistait : « Le soutien de la RDC aux FDLR relève de la politique de l’État et non du choix d’acteurs individuels. Mettre fin au soutien de l’État congolais aux FDLR et assurer leur démobilisation et leur rapatriement au Rwanda est une exigence non négociable pour protéger l’intégrité territoriale du Rwanda et assurer la préservation de notre unité nationale durement acquise pour les générations futures ».

De leur côté, les États-Unis réaffirment leur décision d’appuyer les actions diplomatiques régionales favorisant la désescalade et instaurant les conditions d’une paix durable en RDC. Ils appellent ainsi toutes les parties à participer de manière constructive à la recherche d’une « solution négociée ». Pour sa part, Kigali réitère sa confiance au président angolais João Lourenço, médiateur soutenu notamment par les USA. Le Rwanda, ajoute Biruta, s’engage à prendre « des mesures extraordinaires » pour garantir la sécurité et la stabilité de la région, en agissant sur les causes profondes du conflit.

Aussi, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) demande, dans un communiqué consulté ce lundi 19 février 2024 par 7SUR7.CD, au gouvernement de procéder à la fermeture des ambassades et des frontières avec le Rwanda et l’Ouganda, ainsi qu’à la rupture des relations diplomatiques avec ces deux nations.

Cette organisation de la société civile exprime son indignation face à trois décennies de perturbations continuelles de la paix dans l’est du pays, orchestrées par les pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda, qui soutiennent divers mouvements subversifs et terroristes, dont le M23. Elle déplore que la communauté internationale fasse preuve de complaisance face à ces agissements, ce qui est inacceptable.

Cette structure de la société civile annonce l’organisation prochaine de tribunes d’expression populaire d’éveil patriotique et de prise de conscience nationale en vue d’établir un fichier des pays qui apportent leur soutien au Rwanda pour déstabiliser et piller les ressources de la RDC, et dresser la liste de leurs produits commerciaux sur le sol congolais afin d’en tirer des conséquences économiques en pareilles circonstances.

La NSCC, préoccupée par la situation sécuritaire dans l’est du pays, demande au gouvernement de cesser toute collaboration avec les forces étrangères, notamment l’armée ougandaise et la force de l’EAC opérant sur le sol congolais, exigeant leur départ immédiat.

Elle exprime son soutien au président de la RDC dans sa détermination à ne pas négocier avec les groupes armés, tels que le M23, et l’encourage à rechercher le soutien d’autres pays amis pour défendre l’unité et l’intégrité du pays.

S’appuyant sur l’article 64 alinéa 1 de la constitution, la NSCC lance un appel à la mobilisation générale du peuple congolais à travers des manifestations pacifiques en soutien aux Forces Armées de la République, rejetant l’hypocrisie de la communauté internationale et dénonçant son soutien au Rwanda.

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