SENEGAL: 18 OSC et 16 principaux candidats et le collectif Aar Sunu Election disent non au dialogue

0 1 351

DAKAR, 24 FEVRIER (ASPAMNEWS)- Pendant que la présidence de la République informe que le chef de l’Etat Macky Sall procédera lundi prochain à l’ouverture de la cérémonie officielle du dialogue national, 18 organisations de la société civile et 16 principaux candidats et le collectif Aar Sunu Election disent non à l’appel au dialogue de Macky Sall.

En effet, 16 des 19 candidats en lice pour le scrutin ont refusé le dialogue lors d’une déclaration à la presse ce vendredi 23 février. « Nous nous opposons à tout dialogue sur cette question et nous exigeons qu’une date soit prise avant le 2 avril », a déclaré l’un d’eux, Boubacar Camara.

De son côté, le collectif citoyen Aar Sunu Election a également dit non au dialogue dans un communiqué. « La tentative de diversion à travers l’invitation à un dialogue inapproprié est inacceptable », a estimé l’organisation de la société civile.

Ces prises de position interviennent après le report controversé du scrutin, annoncé initialement par Macky Sall le 3 février puis entériné par l’Assemblée nationale le 5 février. Dans une interview le 22 février, le président sortant a bien confirmé son départ le 2 avril au terme de son mandat, sans toutefois communiquer de nouvelle date pour l’élection présidentielle.

de même, la plateforme dénommée Synergie des organisations pour la sauvegarde de la paix – SOS/PAIX, constituée autour du COSCE et de la PACTE, a d’emblée fait remarquer que, puisque dans sa déclaration le Président entend quitter ses fonctions sans démissionner, «si la date de l’élection présidentielle n’est pas fixée avant le 02 avril, il aura posé un acte qui plongerait le pays dans une situation inédite, pleine d’incertitudes, et qui de surcroît n’est pas prévue par la constitution.»

C’est pourquoi, «elle constate en le déplorant, que le Président de la République, au lieu de prendre un décret convoquant le collège électoral, en conformité avec la constitution et la décision du conseil constitutionnel, laisse cette responsabilité à un dialogue qui sera organisé les lundi 26 et mardi 27 février 2024.» Ainsi,

«la plateforme COSCE / PACTE se démarque de ce dialogue dont les intérêts des parties prenantes sont difficilement conciliables, voire antagoniques.» En ce sens, elle considère, qu’en raison de ses contours mal définis, et des intérêts divergents des participants, ce dialogue est un piège et que par conséquent, si le même format est maintenu, la société civile n’y participera pas.»

Elle estime enfin, «que le dialogue pour rester strictement dans le cadre du respect de la constitution, et du calendrier électoral, devrait plutôt être une séance de consultation et d’échanges avec les candidats retenus par le conseil constitutionnel, afin de déterminer une date du scrutin, qui ferait ensuite l’objet d’un décret présidentiel convoquant le collège électoral avant le 02 avril 2024.»

Précisons que 18 organisations de la Société civile ont signé cette déclaration : COSCE, GRADEC, ONG 3D, PACTE, LSDH, RÉSEAU SIGGIL JIGGEN, RADDHO, OSIDEA, ONDH, URAC, ARTICLE 19 SÉNÉGAL ET AFRIQUE DE L’OUEST, HANDICAP FORM EDUC, ENDA GRAF SAHEL, CONASUB, PLATEFORME DE VEILLE DES FEMMES POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ, ËTU JAMM, FORUM SOCIAL SÉNÉGALAIS, PRÉSENCE CHRÉTIENNE, VISION CITOYENNE.

Alors que la date butoir du 2 avril approche, les candidats et la société civile campent sur leur position en refusant le dialogue, exigeant une date ferme pour le scrutin dans les meilleurs délais. La crise politique autour de cette élection semble loin d’être résolue. ‘SOP/2024)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.