HAÏTI-CRISE: pont aérien avec la République dominicaine, le personnel «non essentiel» de l’ONU évacué

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PORT-AU-PRINCE, 14 MARS (ASPAMNEWS)- Un « pont aérien » entre Haïti et la République dominicaine, sa voisine, va être mis en place par les Nations unies afin de permettre « la fluidité de l’aide humanitaire » vers Haïti, a indiqué sur X la mission de l’ONU sur l’île.

« Les Nations unies en Haïti travaillent à mettre en place un pont aérien avec la République dominicaine pour la fluidité de l’aide et les mouvements de son personnel », a déclaré la mission sur le réseau social. Cette dernière a précisé qu’une partie de son personnel serait réinstallée de manière temporaire « à l’extérieur ». De plus, d’autres membres du personnel « de crise » doivent arriver sur place.

Dans la soirée, les Nations unies ont ensuite annoncé la prochaine mise en place d’un «pont aérien» entre Haïti et la République dominicaine voisine pour permettre «la fluidité de l’aide et les mouvements de son personnel» vers le pays en crise. L’ONU prévoit aussi l’arrivée d’autres membres de personnel «de crise».

En parallèle, les partis politiques et personnalités du territoire s’efforcent de s’accorder sur la composition d’autorités de transition, afin de tenter de rétablir un semblant de stabilité dans ce petit pays pauvre des Caraïbes.

Sans élection depuis 2016, il est toujours sans chef d’Etat. Près de 362 000 personnes sont actuellement déplacées en Haïti, selon l’Organisation internationale des migrations. Face à la situation, l’Union européenne a annoncé avoir accordé une aide humanitaire de 20 millions d’euros.

A Port-au-Prince, théâtre d’une flambée de violences ces dernières semaines, les activités commerciales ont tout de même repris ce mercredi. Des transports en commun étaient visibles dans les rues et certains bureaux de l’administration publique ont rouvert leurs portes après plus de deux semaines de fermeture. En revanche les établissements scolaires restent fermés, tout comme l’aéroport international.

Si plusieurs habitants de la capitale ont salué l’annonce de la démission du Premier ministre, certains s’interrogent sur la place à donner aux gangs. Lesquels contrôlent des pans entiers du pays, notamment 80 % de Port-au-Prince, et sont accusés de multiples exactions.

Difficiles négociations

Le Kenya a annoncé mardi suspendre l’envoi prévu de policiers en Haïti dans le cadre d’une mission internationale soutenue par l’ONU. Le président kényan a cependant ajouté ce mercredi que le déploiement aurait lieu «dès que le conseil présidentiel sera (it) en place».

Ce conseil présidentiel transitoire a été demandé lundi, peu après l’annonce de la démission d’Ariel Henry, par la Communauté des Caraïbes (Caricom), l’ONU et plusieurs pays comme les Etats-Unis et la France.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui s’est entretenu par téléphone avec le président kényan William Ruto, a exprimé l’espoir mercredi que ce nouveau conseil haïtien puisse être formé «dans les prochains jours». 

Ce conseil doit être formé de sept membres votants représentant les principales forces politiques en Haïti et le secteur privé. Deux observateurs sans droit de vote doivent en outre porter la voix de la société civile et de la communauté religieuse.

Mais les négociations sont ardues, et la plupart des partis indiquent être encore en pourparlers. «Nous parlons de partis politiques qui n’ont pas pu se mettre d’accord ces quelques dernières années», a souligné Ivan Briscoe, directeur du programme pour l’Amérique latine et les Caraïbes à l’International Crisis Group.

Maintenant qu’Ariel Henry est sur le départ, «peut-être se tourneront-ils vers l’intérêt national et laisseront-ils de côté les intérêts de leurs partis pendant un certain temps, jusqu’aux élections. Mais il y a évidemment des inquiétudes sur leur capacité à se mettre d’accord». A priori, les gangs qui ravagent Haïti sont exclus de la transition politique à mettre en œuvre. Mais du fait de leur puissance de feu, ils risquent de peser de facto sur la nouvelle équation politique.

La situation est critique en Haïti, notamment dans la capitale, Port-au-Prince, qui est ravagée par les violences des gangs, qui affrontent également la police et attaquent des sites stratégiques (prisons, commissariats, palais présidentiel), selon nos sources. Face à cette situation dramatique, le Premier ministre haïtien Ariel Henry, contesté, a accepté de démissionner lundi 11 mars.

Situation complexe. Mais la mise en place annoncée d’un conseil de transition chargé de préparer la tenue d’élections fait déjà face à la résistance de puissants chefs de gangs. Chef de l’alliance G9 et Famille, Jimmy « Barbecue » Chérizier, qui a contribué à la chute d’Ariel Henry, fait figure d’acteur incontournable de la crise, indique une station de radio internationale.

Alors que le Kenya devait envoyer des policiers en Haïti dans le cadre d’une mission internationale soutenue par l’ONU, Nairobi a finalement décidé de suspendre l’opération. Un signe de la complexité de la situation locale, alors que 362 000 personnes sont actuellement déplacées sur l’île, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Les membres de la Mission diplomatique suisse en Haïti ont été évacués ce mercredi par Pedernales, par mesure de précaution au vu de la dégradation de la situation sécuritaire d’Haïti.

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