MEXIQUE-PRESIDENTIELLE: l’opposition en force à deux semaines du scrutin

0 1 799

MEXICO, 21 MAI (ASPAMNEWS)-Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre « l’autoritarisme » du président Andrès Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), demandant à la candidate Xochitl Galvez de les représenter. Elle accuse un retard de vingt points sur son adversaire de gauche, qui revendique l’héritage d’AMLO.

La place centrale du centre historique de Mexico s’est une nouvelle fois teintée de rose ce dimanche 19 mai. Le mouvement lancé par plusieurs organisations civiles, officiellement contre différentes réformes constitutionnelles, notamment celle de l’Institut national électoral (INE), a rapidement apporté son soutien à Xochitl Galvez, chef de file de l’opposition au parti au pouvoir, le Mouvement pour la régénération nationale (Morena).

Au-delà du rose, couleur de l’INE et de la campagne de Galvez, la filiation entre ce mouvement civil et la candidate d’une union de trois partis du centre et de droite, a été clairement affirmée à travers un appel des organisateurs à voter pour cette candidate à la présidentielle, lors des élections du 2 juin prochain, qui devront également désigner le Congrès, le Sénat, neuf gouvernorats sur 32 États et une myriade d’élus locaux.

Cette « marée rose », comme elle se dénomme, manifestait pour la quatrième fois depuis 2022 « contre l’autoritarisme du président et pour la démocratie ». Elle se présente toujours comme un mouvement de la société civile, mais ne se définit plus comme non partisane, comme lors des mobilisations de février 2023 contre la réforme électorale impulsée par le gouvernement, mais invalidée par la Cour suprême. Cette fois, la « marée rose » a invité la candidate de l’opposition Xochitl Galvez à s’exprimer et à la représenter à l’élection présidentielle.

Ainsi, au milieu du rose dominant porté par les manifestants, apparaissaient les drapeaux bleus du Parti Action nationale (PAN) , rouges du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et jaunes du Parti de la révolution démocratique, les trois partis politiques réunis derrière la candidature de Xochitl Galvez.

« Nous ne sommes pas neutres et ne l’avons jamais été, car nous luttons depuis le début contre le président. Et la seule qui peut mettre fin à la dictature obradiste, c’est Xochitl Galvez. Donc il était logique qu’elle devienne notre leader », estime le médecin Martin Esteban Hernandez, qui participait à cette marche pour la troisième fois. L’immense majorité des participants appartient aux classes privilégiées du pays, cible préférée des attaques du président dans sa conférence de presse quotidienne.

Galvez en contradiction avec son parti

A plusieurs reprises dans son discours, la candidate a insisté sur le caractère citoyen de la mobilisation en affirmant qu’« avant les partis politiques, ce sont la République, la démocratie et notre pays qui nous réunissent ».

La sénatrice, qui a près de vingt points de retard dans tous les sondages depuis des mois sur la candidate de la gauche, Claudia Sheinbaum, a tenté tout au long de cette campagne de se détacher des partis qui la soutiennent.

« C’était une décision logique alors que le PAN et le PRI, qui ont gouverné le pays, sont très impopulaires, estime le politologue Jorge Zepeda. Xochitl Galvez a gagné la candidature, car elle est la plus progressiste des cadres de ces partis. Face à l’énorme popularité du président, l’opposition a choisi curieusement une candidate plus proche de l’obradisme. »

Ainsi Mme Galvez a promis de ne pas supprimer et même de renforcer les aides sociales impulsées par le gouvernement, en contradiction avec la position de son parti, le PAN, pour qui mieux vaut « apprendre à pêcher qu’offrir des poissons ». (SPH/2024)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.