NOUVELLE CALÉDONIE: les indépendantistes font chuter le gouvernement en démissionnant

0 100

(ASPAMNEWS)- Cinq indépendantistes du FLNKS et leurs suivants de liste ont démissionné du Congrès, composé de 11 membres, mardi 2 février, entraînant ainsi la chute du gouvernement collégial, lui-même élu par ce Congrès. L’accord de Nouméa prévoit qu’un nouveau gouvernement soit élu dans un délai de 15 jours.

Le gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie est tombé mardi après la démission des indépendantistes de l’exécutif, qui ont dénoncé « l’impasse et l’immobilisme » dans l’archipel, ont indiqué mardi dans un communiqué les chefs de groupes FLNKS au Congrès (assemblée délibérante).

Les indépendantistes du FLNKS disposent de cinq membres de l’exécutif sur 11. Leur démission, ainsi que celle de leurs suivants de liste, entraîne de facto une chute du gouvernement collégial, élu par les membres du Congrès. Un nouveau gouvernement devra être élu dans un délai de 15 jours, selon le statut de l’accord de Nouméa (1998).

Dans un communiqué mis en ligne par le FLNKS, Louis Mapou, chef du groupe UNI-FLNKS (Union Nationale pour l’indépendance) et son homologue de l’UC-FLNKS (Union calédonienne), Pierre-Chanel Tutugoro, indiquent avoir « déposé conjointement » une lettre au président du gouvernement, Thierry Santa (loyaliste). « Les membres du gouvernement (indépendantistes) présentent leur démission », stipule cette lettre. L’information a été confirmée par des sources gouvernementales.

Vente d’une usine de nickel

Le FLNKS justifie sa décision en raison du « processus de vente  » de l’usine de nickel du groupe brésilien Vale « qui fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales ».

La vente de cette unité industrielle à un consortium calédonien et international où figure le géant suisse Trafigura, pourrait aboutir le 12 février. Elle soulève un tollé dans la mouvance indépendantiste et a été à l’origine d’une flambée de violence en décembre.

Les indépendantistes mettent aussi en cause « le retard dans le vote du budget primitif » de l’île, qui a été reporté à mars, ainsi que « la dynamique institutionnelle en panne et le consensus qui est de moins en moins la règle ».

La chute du gouvernement intervient quatre mois après le référendum sur l’indépendance du 4 octobre dernier, remporté d’une courte tête par les pro-français (53,3%). Un premier référendum avait eu lieu en 2018 et un troisième est encore possible d’ici 2022. (OMR/2021)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.