CENTRAFRIQUE: référendum pour un 3ème mandat, les institutions juridiques prises en otage

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BANGUI, 25 JANVIER (ASPAMNEWS)-En route pour le 3e mandat et la présidence à vie, Faustin-Archange Touadéra n’a lésiné sur aucun moyen pour s’offrir l’onction légale pour son initiative diabolique. Y compris celui de mettre le droit à gauche, en renvoyant à sa famille, contre la procédure normale, la présidente de la Cour constitutionnelle Danièle Darlan. D’ailleurs, Jean-Pierre Waboué, Président de la cour constitutionnelle a affirmé qu’il est totalement pris en otage, et souhaite vouloir quitter le pays si le cas se présente à lui.

 A la tête d’une Cour qui s’est opposée à la réécriture d’une nouvelle constitution pour assouvir le dessein égoïste d’une personne assoiffée de pouvoir sans fin, la professeure de droit a été, sans autre forme de procès, mise à la retraite. L’équation Darlan étant résolue en tordant le cou à la loi, l’institution peut désormais servir son maître. C’est ainsi qu’elle a déclaré, ce vendredi, en adéquation avec la constitution, la loi relative à l’organisation des élections, votée le 28 décembre 2022 par les députés.

Et comme en Afrique, nul chef n’organise ses élections, encore moins ses référendums, pour les perdre, le président centrafricain n’a plus peur de rien. Surtout qu’il a réussi à avoir pour tuteur l’ours russe pour qui la démocratie est le dernier des soucis.

Mieux, Faustin-Archange Touadéra, est convaincu que son 3e mandat est assuré, lui qui a pactisé, pour sa protection, avec la société de sécurité privée russe, dont les éléments se sont révélés comme de grands prédateurs des droits humains, selon des rapports d’ONGs internationales dont la crédibilité ne souffre du moindre doute.

Pour l’instant, difficile de ne pas reconnaître que grâce au pouvoir des espèces sonnantes et trébuchantes, la propagande et la terreur exercée contre ses dissidents, tout baigne pour le chef de l’Etat de la Centrafrique. Et il en sera ainsi pour longtemps encore. Le probable président à vie peut boire tranquillement son petit lait!

Sauf si, comme les Burkinabè qui ont mis fin aux mêmes ambitions qui animaient l’ancien président Blaise Compaoré, les Centrafricains se réveillent et chassent l’Archange de Bangui qui ne pense qu’à une chose au coucher le soir et au réveil le matin: le pouvoir!

Ou alors ce 3e mandat vers lequel marche, à grand pas, Faustin-Archange Touadéra, peut se transformer en cauchemar pour lui, si comme à Conakry, les militaires centrafricains décident de prendre les choses en main, comme l’ont fait, le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya et ses frères d’arme du Groupement des forces spéciales qui ont renversé Alpha Condé qui venait de commencer son 3e mandat, après avoir charcuté la loi fondamentale de la Guinée.

Dans l’un ou l’autre cas, du Burkina Faso ou de la Guinée, Faustin-Archange Touadéra, joue avec ce feu du 3e mandat anticonstitutionnel qui finit toujours par brûler celui qui l’allume ou l’attise.

Et pour atteindre ses ambitions viles, le président Touadéra et ses partisans font toute pression pour mettre tout le monde au pas. Et, le président de la Cous Constitutionnelle n’est pas en reste. A en croire les propos de monsieur Jean-Pierre Waboué, professeur de droit à l’université de Bangui, après le limogeage de madame Danièle Darlan  par le Président de la République,  lui et ses collègues de la cour constitutionnelle auraient voulu démissionner collectivement en soutien à madame Danièle Darlan.

 Mais vu l’état du pays, faire cela, c’est plonger davantage le pays dans l’impasse, affirme-t-il. C’est ainsi qu’ils ont décidé collectivement d’y rester. Mais depuis cette date, la cour constitutionnelle est dirigée directement depuis la présidence de la République par le chef de l’État lui-même.

 L’homme affirme que toutes les décisions soi-disant prises par la cour constitutionnelle viennent directement de la présidence de la République. Et lui, en tant que Président de la CC, il ne fait que les lire comme un Player.

D’après lui, il est comme en prison en ce moment. La seule chose qui lui reste, c’est de quitter la RCA. Si ça ne serait pas possible, il  va profiter de la fin de son mandat à la cour constitutionnelle en 2024 pour s’éclipser du pays avec tous les membres de sa famille.

Cette déclaration de monsieur Jean-Pierre Waboué témoigne l’État actuel du pays, où toutes les institutions sont placées sous le contrôle de la présidence de la République. Ceci dit, la RCA n’est plus un État semi-démocratique comme en il y a quelques années.

En tout cas, plus que d’un président à vie qui fait assurer sa sécurité par Wagner pour accomplir sa sale besogne, c’est d’un leader engagé dans le développement de son pays que les Centrafricains ont besoin. La nature ayant doté la Centrafrique de richesses diverses, comme le diamant, le pétrole et l’or dont regorge essentiellement son sous-sol, et de grandes forêts qui recouvrent son sol propice à l’agriculture et autres travaux liés à la terre, les habitants auraient pu vivre décemment.

Mais la richesse est inéquitablement, ou pas du tout, répartie. Et les dirigeants ne pensent qu’à durer au pouvoir, faisant du bien-être de leur peuple, le dernier de leurs soucis. L’Archange de Bangui qui court vers le 3e mandat du diable, ne semble pas, malheureusement vouloir constituer l’exception qui confirme la règle. Pauvre Centrafrique, au propre comme au figuré! (CNE/2023)

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