SÉNÉGAL: le dossier de candidature d’Ousmane Sonko recalé, ouverture d’une autre difficile bataille judiciaire

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DAKAR, 5 JANVIER (ASPAMNEWS)- Le dossier de Ousmane Sonko jugé incomplet par la commission de contrôle des parrainages a été recalé, ce vendredi. mais le candidat Sonko reste éligible parce qu’il peut faire appel de la décision et surfer de nouveau sur la décision du Tribunal de Zinguinchor en Casamance.

Après avoir été débouté hier par la Cour Suprême dans l’affaire qui l’oppose à Mame Mbaye Niang, Ousmane Sonko a été aussi recalé par le  Conseil Constitutionnel dans le cadre de la vérification des parrainages. Son dossier de candidature est incomplet. Ousmane Sonko est donc doublement exclu de la présidentielle du 25 février 2024.

Cette décision a fait réagir l’ancien capitaine Seydina Ousmane Touré : « En déclarant irrecevable le dossier de candidature de monsieur Ousmane SONKO pour défaut de pièces, uniquement imputable aux manœuvres dilatoires des autorités en charge du fichier électoral, le conseil constitutionnel, donne ainsi carte blanche à l’administration sénégalaise qui, à chaque fois qu’elle serait composée de personnels de mauvais aloi, pourra porter atteinte aux principes démocratiques et de l’Etat de droit.

Rappelons qu’en 2016, le même conseil constitutionnel avait refusé la réduction du mandat présidentiel en cours pour rendre service au principe de sécurité juridique, celui-ci pouvant être augmenté par la même technique au cas échéant.

En admettant aujourd’hui que la candidature de monsieur SONKO soit rejetée par le simple fait d’une administration qui refuse de lui transmettre les pièces afférentes à sa candidature, le conseil constitutionnel se dédit et instaure ainsi, aux antipodes du premier, un nouveau « principe d’insécurité juridique ».

Qu’adviendrait-il demain, si au dernier moment du processus, cette même administration retirait un candidat à la présidentielle sans motif valable ? Le conseil constitutionnel a ouvert une brèche aux conséquences dommageables et fatales à la jeune démocratie sénégalaise.

Face à une administration active défectueuse il faut une administration contentieuse courageuse et audacieuse. Le conseil constitutionnel a manqué de courage et a ainsi raté le train de l’histoire.

Le juge Keba Mbaye (Paix à son âme) a mal dans sa tombe, l’éthique est devenue orpheline et l’administration pleure ses hommes et femmes de valeurs dont quelques-uns croupissent sous le fardeau de la plume de la radiation et de la mutation d’un prince dictateur. »

Cette fois-ci c’est Dr Cheikh Tidiane Dièye qui a haussé le ton. In extenso, l’intégralité de sa publication ; « J’exprime toute mon indignation devant le verdict rendu ce jour par la Cour Suprême dans le procès politique opposant Ousmane Sonko, leader de l’opposition sénégalaise et candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024 à M. Mame Mbaye Niang.Voilà des années que le pouvoir a sauté d’affaires en affaires et utilisé toutes les manoeuvres politico-judiciaires imaginables pour non seulement priver Ousmane Sonko de liberté, mais aussi l’empêcher de participer à l’élection qu’il aurait remportée sans contestation possible., précise le Dr Cheikh Tidiane Dièye, candidat validé au parrainage par le Conseil Constitutionnel.

« Sonko a gagné partout où le droit a été dit. C’est pourquoi nous restons confiant et ne céderons ni à la déception ni au découragement. Il reste éligible.Le peuple vaincra. » Ce n’est qu’une question de temps. », ajoute t-il.

Maître Bamba Cissé, d’expliquer que M. Sonko soit déclaré inéligible, il aurait fallu que le tribunal prononce spécifiquement une peine d’inéligibilité lors de la condamnation, ce qui n’a pas été le cas. Toutefois, il a mentionné qu’une inéligibilité pourrait encore survenir si les autorités procèdent à une radiation de la liste électorale de M. Sonko, bien que cela n’ait pas encore été fait.

Maître Cissé a également précisé que M. Sonko aurait alors le droit de faire appel. Il a également distingué cette affaire de celle impliquant Adji Raby Sarr, où M. Sonko avait été condamné par contumace. Il a rappelé que la contumace avait été annulée par le tribunal de Dakar à la suite d’un procès dont le verdict a été rendu il y a quelques semaines.

Aluoune Tine ne finit pas de s’interroger: « Peut-on organiser une élection présidentielle crédible, inclusive et apaisée sans le leader de l’opposition qui est l’homme politique le plus populaire de ce pays ? Peut-on écarter Ousmane Sonko sur la base d’un prétexte aussi léger que la diffamation ? Quelles conséquences ? » s’est demandé Alioune Tine. (SHK/2024)

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