MAYOTTE: Fin du droit du sol, le projet de loi déposé « avant l’été »

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MAMOUDZOU, 12 FEVRIER (ASPAMNEWS)-Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé ce lundi 12 février que le projet de loi concernant Mayotte serait déposé « avant l’été », tandis que « plusieurs moments » seront possibles selon lui pour l’examen de la réforme constitutionnelle afin de modifier le droit sur le sol.

« Il ne sera plus possible de devenir français si on n’est pas soi-même enfant de parent français », a-t-il annoncé, assurant que cela « coupera littéralement l’attractivité » que peut avoir l’archipel mahorais pour les immigrés originaires des Comores.

l a précisé que la ministre déléguée des Outre-mer retournera « dans un mois à Mayotte » et qu’il ira « dans trois mois, quand on aura le projet de loi ».

Il s’agira, selon le ministre, d’un « projet de loi d’urgence mais qui ne prévoira pas que des questions migratoires parce que Mayotte, c’est aussi un territoire magnifique ».

« Nous allons prendre une décision radicale, qui est l’inscription de la fin du droit du sol à Mayotte dans une révision constitutionnelle que choisira le président de la République », a déclaré le ministre de l’Intérieur à son arrivée sur l’île, paralysée depuis trois semaines par des barrages routiers installés par des « collectifs citoyens », pour protester contre l’insécurité et l’immigration incontrôlée.

Selon Eric Zemmour, Mayotte c’est le miroir grossissant et en accéléré de la France métropolitaine. «Quand vous avez la moitié de la population qui est étrangère on peut parler d’invasion», a avancé le président de Reconquête! qui prédit le même sort à la métropole «dans dix ans, quinze ans».

Celui qui a fait de l’immigration son cheval de bataille depuis son entrée en politique juge l’annonce du locataire de Beauvau insuffisante. «Il parle beaucoup et il n’agit pas beaucoup», a-t-il fustigé. Et de marteler sa promesse de campagne de 2022 : «Il faut le (le droit du sol) supprimer dans toute la France.» Pour l’ancien candidat à la présidentielle, le droit du sol est devenu «une arme majeure de l’invasion» qui «détruit la France».

« Mettre fin au visa territorialisé »

« Il ne sera plus possible de devenir français si on n’est pas soi-même enfant de parent français », a-t-il ajouté, assurant que cela « coupera littéralement l’attractivité » que peut avoir l’archipel mahorais, confronté à une forte immigration venue notamment des Comores voisines.

Il a a précisé que la suppression du droit du sol à Mayotte permettra de « mettre fin au visa territorialisé », un dispositif qui empêche les détenteurs d’un titre de séjour à Mayotte de venir dans l’Hexagone et dont la suppression est une des revendications des collectifs citoyens. « Puisque nous aurons beaucoup moins de titres de séjours et que nous n’aurons plus la possibilité d’être français lorsque l’on vient à Mayotte, les visas territorialisés n’ont plus lieu d’être », a assuré le ministre.

Selon lui, la suppression des titres de séjour territorialisés doit être actée dans un projet de loi Mayotte qui sera étudié à l’Assemblée nationale « dans les semaines qui viennent ».

Depuis le 22 janvier, le collectif des « Forces vives de Mayotte » maintient des barrages routiers aux quatre coins de l’île, paralysant la circulation et perturbant la vie économique du département le plus pauvre de France pour protester contre l’insécurité et la crise migratoire.

D’autres « réformes constitutionnelles » en cours

Quant à la suppression du droit du sol, elle devra faire l’objet d’un examen par les parlementaires, réunis à Versailles, pour modifier la Constitution. Or « il y a des réformes constitutionnelles qui arrivent », qui vont concerner la Nouvelle-Calédonie, l’interruption volontaire de grossesse et la Corse, a rappelé le ministre.

« Donc, nous avons plusieurs moments de réformes constitutionnelles possibles […] mais il appartient au président de la République de choisir son moment puisqu’il en discute avec les forces politiques ».

Le 101e département français est paralysé depuis le 22 janvier par des blocages et des barrages routiers installés par des « collectifs citoyens » qui protestent contre l’insécurité et l’immigration incontrôlée.

Département français le plus pauvre de France, Mayotte est peuplée de 310 000 habitants, selon l’Insee (probablement beaucoup plus selon la Chambre régionale des comptes) dont 48 % d’immigrés comoriens ou d’autres pays d’Afrique.

La plupart arrivent clandestinement à bord de barques de pêche traditionnelles, les « kwassa-kwassa », depuis l’île comorienne d’Anjouan, distante de seulement 70 km. (DGT/2024)

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