TOGO: Restrictions des libertés de manifestations, bombe à retardement, selon l'avocat Kpandé-Adjaré

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(ASPAMNEWS)- « Le gouvernement viole constamment la loi à chaque fois qu’il se base sur des arguties pour déplacer voire interdire systématiquement les manifestations dans le pays », tels sont les propos de l’avocat au barreau de Lomé, Raphael Kpandé-Adjaré, au cours d’une émission jeudi à Lomé.
Selon lui, le pouvoir de Lomé ne doit pas se baser sur les plaint)s de prétendus riverains pour confisquer le droit de manifester qui, de surcroît, est un droit constitutionnel.
« Il est clair que depuis le 20 décembre, le gouvernement togolais a Fait asseoir une politique de répression, une politique restrictive des libertés, une politique qui consiste à restreindre systématiquement les espaces de liberté, notamment la liberté de manifester et de se réunir. Le gouvernement fait tout ceci pour restaurer l’autorité de l’Etat. Mais restaurer l’autorité de l’Etat ne signifie pas d’interdire une liberté constitutionnelle qui est consacrée. On ne peut pas interdire des manifestations en invoquant des plaintes de prétendus riverains. Ces arguments avancés par le gouvernement pour interdire les manifestations sont fallacieux », a indiqué Me Raphael Kpandé-Adzaré.
Et d’ajouter : « Si on interdit une manifestation sous prétexte qu’elle risque de créer un trouble à l’ordre public, alors à quoi servent encore les forces de l’ordre qui sont censées encadrer les manifestations ? C’est à ces agents de sécurité d’empêcher qu’il n’y ait pas un télescopage entre les personnes qui sont venus exercer leur liberté et les riverains. De toutes les façons, une manifestation avec l’effet de la foule ne peut pas passer inaperçue. Les riverains, eux, sont là pour toujours. En plus, on ne va pas pour manifester dans les maisons des riverains. On marche sur une voie publique et ces riverains ne peuvent pas dire que la voie publique leur appartient ».
Pour le responsable du Front Citoyen Togo Debout, on ne manifeste pas pour le plaisir d’un régime. « Toutes les manœuvres qui sont utilisés aujourd’hui par le gouvernement portent à croire simplement qu’il s’agit de la restriction de la manifestation. Le comble, c’est qu’ils manipulent les chefs traditionnels pour asseoir cette restriction », a regretté l’acteur de la société civile.
A l’entendre, le ministre en charge de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi, qui se dit légaliste en interdisant les manifestations, est le premier violateur de la loi.
« La loi dit, lorsque vous voulez interdire une manifestation, vous le faite par décision motivée. Un ministre peut prendre deux types de décisions. Il peut prendre un décret ou un arrêté. Mais depuis que les organisateurs de la société civile, des formations politiques veulent manifester, lorsque vous adressez une demande de manifestation, si on veut changer vos itinéraires ou si on veut interdire vos manifestations, d’abord on ne vous invite même pas aux négociations.
Or la loi prévoit la possibilité de discussion. Ce qui se fait ici, c’est que vous envoyez le courrier et c’est à la veille de la manifestation que le ministre sort une lettre portant interdiction de la manifestation. Or en réalité, la lettre n’a aucune valeur juridique. Quand vous acculez les citoyens qui cherchent à se soumettre à la loi en faisant leur part de responsabilité, notamment en vous saisissant par une déclaration préalable et comme vous ne voulez pas qu’ils manifestent et que vous passez par des contorsions juridiques pour leur interdire la manifestation, il arrivera un moment où vous ne pourrez plus contrôler les manifestations spontanées », a averti Me Kpandé-Adzaré. (ICL/2019)

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