FRANCE-PRÉSIDENTIELLE: Emmanuel Macron réélu à 58,2%, une abstention jamais vue depuis 1969

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PARIS, 24 AVRIL (ASPAMNEWS)-Le président sortant a été réélu dimanche soir avec 58,2% des voix avec une abstention atteignant 28,2% des électeurs inscrits au second tour de l’élection présidentielle. Il a bénéficié au second du front républicain qui a de nouveau barré la route à Marine Le Pen. La candidate d’extrême droite totalise 41,8% des voix.

Le chef de l’Etat peut souffler, certainement pas triompher. A 28,2%, un niveau inégalé depuis 1969, le taux d’abstention invite à la modestie et souligne à quel point cette affiche finale, redite du duel de 2017, a déplu aux Français.

Comme il y a cinq ans, les électeurs se sont même davantage détournés des urnes au second tour qu’au premier. Entre le 24 avril et le 10 avril, la participation a ainsi marqué un recul de plus d’un point. Il y a cinq ans, plus de 3 millions d’électeurs avaient glissé dans l’urne un bulletin blanc, auxquels s’ajoutaient un million de bulletins nuls. Combien étaient-ils, ce dimanche, à marquer ainsi leur refus de choisir ?

Si l’abstention était un parti, elle pourrait presque prétendre au statut de premier parti de France au soir du 24 avril. Selon les estimations Ifop-Fiducial pour LCI et TF1 à 20 heures, les électeurs inscrits qui se sont abstenus lors du second tour de l’élection présidentielle 2022 ont représenté pas moins de 28.2% du total des inscrits. 

Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène, il suffit de se replonger dans les statistiques des élections présidentielles précédentes. Or, il apparaît que le record absolu d’abstention au second tour remonte à l’élection présidentielle 1969 (31,1%), lorsque les électeurs de gauche avaient – à l’époque déjà – refusé de choisir entre Georges Pompidou et Alain Poher. 

A portée d’engueulade

Après une campagne de premier tour bâclée, Macron a finalement daigné descendre à portée d’engueulade. Son quinquennat passé à adopter des marqueurs de droite pour mieux la fracturer ne l’a pas empêché de lorgner les voix de gauche in extremis. Pour faire main basse sur une partie du magot électoral amassé par Mélenchon, il a sorti le grand jeu.

Le Président candidat a parlé «planification écologique» et «avenir en commun», cité Jaurès, voyagé dans des coins de France qui avaient largement voté pour le candidat Insoumis et s’est dit prêt à la concession sur son objectif de porter à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite.

Candidate pour la troisième fois à la fonction suprême, Le Pen, elle, a fini par pâtir de la stratégie qui avait fait son succès au premier tour : des sorties discrètes sur des terrains sans risques, une image patiemment façonnée, peopleisée et dépolitisée, et son intuition de miser très tôt sur la préoccupation des Français autour du pouvoir d’achat.

Des artifices qui ne tiennent pas quand la confrontation à 12 se transforme en duel. Les coutures ont fini par craquer, laissant apparaître les fragilités et la radicalité du programme portée par la cheffe de file de l’extrême droite.

Sans pour autant disqualifier un bulletin Le Pen, qui passe désormais pour une option comme une autre. Pour les électeurs du RN, qui n’ont jamais été aussi nombreux. Mais aussi pour ceux qui, face au risque de l’accession de l’extrême droite au pouvoir, se sont abrités derrière le vote blanc ou l’abstention. De quoi gâcher la fête. (DOK/2022)

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