SÉNÉGAL: le pays embrasé, le pouvoir vacille annonçant une fin tragique

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DAKAR, 5 JUIN (ASPAMNEWS)-Le Directeur de la sécurité publique (Dsp) a fait face à la presse ce lundi pour faire le point après la vague de manifestations qui a suivi la condamnation de Ousmane Sonko. Il a déclaré que 500 personnes ont été arrêtées et 16 cas de décès notés.

16 morts, selon les chiffres du gouvernement. 19 morts à en croire le parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Au moins 400 blessés, de source proche de la Croix-Rouge sénégalaise, dont une femme enceinte et près de 40 agents des Forces de défense et de sécurité.

A Dakar comme à Ziguinchor, de nombreuses infrastructures publiques et privées détruites. Des établissements scolaires détruits, notamment le célèbre Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar réduit en cendres.

A Ziguinchor, la ville casamançaise dont le maire n’est autre qu’Ousmane Sonko, l’Alliance française, cible d’actes de vandalisme a été incendiée. Certes, ce week-end, la tension a chuté d’un degré. Mais la situation demeure volatile au pays de la Teranga.

Et il en sera certainement ainsi encore, car le citoyen Ousmane Sonko, condamné à deux ans de prison ferme par contumace pour «corruption de la jeunesse» dans l’affaire de «viols répétés et menaces de morts» qui l’oppose à l’ex employée d’un salon de massage, peut être arrêté à tout moment comme l’a signifié le ministre sénégalais de la sécurité.

Les lendemains restent également incertains pour un Sénégal dont des opposants et leaders de la société civile demandent à Macky Sall de renoncer à une «3e candidature» pour la succession au fauteuil présidentiel. Sauf que le président sortant n’a pas encore dit officiellement qu’il compte se lancer dans la course à sa propre succession pour la troisième fois.

Pourquoi donc lui demander de se prononcer sur ce mandat de plus, qui n’est pour l’instant que supputation et que lui- même sait qu’il pourrait lui être fatal? Mais, si Macky Sall peut sauver son pays de ces violences meurtrières en disant ouvertement qu’il n’est pas intéressé par ce saut dans l’inconnu, pourquoi ne pas franchir le pas? N’est-ce pas aussi une preuve de patriotisme?

Les tragiques événements qui se sont déroulés ces dernières 72 heures au Sénégal (un puissant soulèvement populaire marqué par des scènes de chaos et de guérilla aux allures d’intifada) rappellent étrangement la situation du fantasque Blaise Compaoré qui, le 31 octobre 2014, avait pris la poudre d’escampette, comme un vulgaire malfrat, suite à un ouragan populaire et une série de manifestations massives, d’une ampleur inédite qui se sont étendues dans plusieurs villes du Burkina FASO.

Depuis son accession au pouvoir en 2012, Macky Sall bombe le torse et s’emploie à jouer à la « roulette russe » avec le peuple, multipliant les coups de force électoraux, les forfaitures et les crimes politiques avec une impunité qui défie le bon sens, réduisant la démocratie sénégalaise en charpie et transformant le Sénégal en un pays liberticide et une gigantesque prison à ciel ouvert (plus d’un millier de prisonniers politiques croupissent dans les geôles).

Enivré par les délices du pouvoir, grisé par un sentiment de toute puissance, Macky Sall, tel un arrogant borné, à l’instar des « potentats de la trempe de Mobutu, un fantoche » avait fini par croire qu’il était immortel (le maître du ciel, et de la terre au Sénégal).  

On croit les tyrans forts, en réalité, ils sont faibles ; on les pense invincibles, on découvre que leur pouvoir tient exclusivement à la mise en place d’un régime de terreur. De fait, la chute des tyrans dévoile toujours une faiblesse cachée et une imposture originelle.

Ce qui vient de se passer était parfaitement prévisible « quand on crée les conditions du chaos, il faut s’attendre au chaos ». Macky SALL a fait basculer le Sénégal dans l’anarchie, la violence, et le désastre. Il porte l’unique et entière responsabilité de la trentaine de morts recensés dans le pays, depuis 2021.

Le peuple sénégalais ayant décidé de siffler la fin de la récréation et de reprendre son destin en main, son rêve d’une 3 éme candidature s’effondre comme un château de cartes, emportant les dernières illusions d’un incompétent, inapte à diriger le Sénégal, totalement impréparé à l’exercice de la charge de la magistrature suprême.

Macky est un facteur de désordre et d’instabilité, un irresponsable qui a encouragé l’irruption dans le champ politique de milices (nervis armés) semant la mort et la désolation Il n’a plus aucune légitimité pour gouverner et ne pourra, en aucun cas échapper à des poursuites judiciaires. Les réactions « diplomatiques » de la communauté internationale suite aux scènes de chaos ayant entraîné 15 morts au Sénégal, ont fini de disqualifier définitivement son régime criminel.

La séquence qui vient de s’ouvrir marque le début de la fin pour Macky SALL. Le supplice sera long, à la hauteur de sa gouvernance sale, médiocre, frappée du sceau de l’indignité, entachée de sang, de coups de Jarnac, de forfaitures et de crimes politiques et économiques abominables.

Aucune force publique armée aussi puissante soit elle ne peut faire face à la furie et à la détermination du peuple. Honni par le peuple, tétanisé par la peur, reclus, terré au palais il devra boire le calice jusqu’à la lie. Il doit débarrasser, au plus vite, le plancher. A défaut, sa fin de pouvoir sera tragique.

L’horloge de la reconquête des libertés a sonné au SENEGAL :  la souveraineté appartient au peuple. Il faut lever le siège du domicile de SONKO et libérer tous les journalistes et prisonniers politiques.

En tout cas, ni la France que certains accusent d’être derrière Macky Sall, ni la Russie que d’autres affirment être la main invisible qui pousse Ousmane Sonko dans sa fronde contre la justice, un pilier de la gouvernance, ne viendront, avec leur propre argent, reconstruire un Sénégal en ruine.

Ce ne sont pas Macky Sall et Ousmane Sonko, encore moins Vladimir Poutine ou Emmanuel Macron, qui pourront ramener à la vie, tous ces Sénégalais morts en trois jours de manifestation, à cause de la bêtise humaine. Les Sénégalais épris de paix et de justice doivent à tout prix, éviter que le piège de politiciens assoiffés de pouvoir se referme sur eux!

Rappelons que la vague de violence qui secoue le Sénégal depuis plusieurs jours n’est pas seulement liée à une conjoncture politique passagère : elle est aussi structurelle, profonde, ancienne. Elle traverse tous les pans de la société sénégalaise, et traduit une foi perdue dans l’État de droit ainsi que le désir d’une plus grande justice (sociale), que garantirait un pacte démocratique renouvelé.

Toute la question est de savoir si le pouvoir actuel a encore le temps, la latitude, la volonté de mettre un terme à une spirale de violence dont il nous semble qu’il est, tout compte fait, le principal responsable. La voie royale vers une paix durable est cependant dans la réhabilitation de la Justice et dans l’édification, cette fois-ci, d’une société véritablement démocratique.

Il s’agira après la tempête, de refonder le pacte Républicain, de construire d’authentiques contre-pouvoirs, de reformer en profondeur nos Institutions, de sortir de notre hyper-présidentialisme afin de ne plus conférer à un seul individu un pouvoir sans limites et sans contrôle. (DKR/2023)

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