VENEZUELA-PRESIDENTIELLE: Maduro va faire face à Manuel Rosales, candidat séreux de l’opposition

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CARACAS, 26 MARS (ASPAMNEWS)- La figure de l’opposition Manuel Rosales, déjà candidat face à Hugo Chavez en 2006 et gouverneur de l’Etat pétrolier de Zulia (nord-ouest), sera l’adversaire du chef d’Etat sortant Nicolas Maduro lors de la présidentielle du 28 juillet au Venezuela, pour laquelle la grande coalition de l’opposition n’a pu déposer de candidature.

Vieux routier de la politique, M. Rosales, 71 ans, a pu s’inscrire in extremis avant l’heure limite de clôture des candidatures fixée à minuit lundi soir. « Rosales a été inscrit par Un Nuevo Tiempo (UNT). Ils l’ont fait par des moyens automatisés » sur le site du Conseil national électoral (CNE), a annoncé dans la nuit de lundi à mardi le président du CNE, Elvis Amoroso.

A 23 h 58, au terme d’une journée marquée par de nombreuses rumeurs, le CNE créait la surprise en annonçant que Manuel Rosales venait d’inscrire sa candidature pour le parti d’opposition Un Nuevo Tiempo (UNT), membre de la coalition unitaire. Gouverneur de l’Etat du Zulia, déjà candidat à la présidentielle en 2006, M. Rosales, 71 ans, est l’une des figures reconnues de l’opposition centriste. La question se pose de savoir s’il est soutenu par toute la PUD ou si sa désignation a fracturé la coalition.

Dans l’après-midi, des centaines de militants du Parti socialiste unifié (PSUV) étaient réunis devant le CNE pour acclamer M. Maduro, venu déposer sa candidature avec Diosdado Cabello, le puissant vice-président du parti.

« Je ne suis pas venu inscrire mon nom, mais le rêve d’une patrie. Je suis venu vous inviter à rêver », a lancé le chef de l’Etat à ses sympathisants. « Le 28 juillet, il y aura des élections avec ou sans vous », a-t-il, ensuite, ajouté à l’adresse de l’opposition. Sans nommer Mme Yoris, il a traité sa possible adversaire de « marionnette » au service des élites traditionnelles.

La principale coalition d’opposition Plateforme unitaire démocratique (PUD), à laquelle appartient pourtant le parti de M. Rosales, s’est insurgée de pas avoir pu accéder à ce même site du CNE. De nombreux analystes accusent le CNE d’être aux ordres du pouvoir et d’avoir voulu empêcher la candidatures de l’opposition endossée par sa leader, Maria Corina Machado.

« Nous informons l’opinion publique nationale et le monde que nous avons travaillé toute la journée (…) pour essayer d’exercer notre droit constitutionnel de désigner notre candidat. On ne nous a pas permis d’accéder au système » d’enregistrement des candidatures, a déclaré Omar Barboza, un cadre de l’opposition, dans une vidéo diffusée par la PUD.

Celle-ci voulait inscrire la candidature de Corina Yoris, professeure d’université, à la place de Mme Machado, elle-même inéligible. La plateforme demande une extension de la période d’inscription.

De son côté, Nicolas Maduro, accompagné par une marée rouge de plusieurs milliers de partisans, a pu déposer sa candidature en grande pompe avec discours et musique.

« Je vous le jure, sur ma mère, sur mon père, sur la Sainte Trinité, que le 28 juillet, jour du 70e anniversaire du Comandante Chavez, nous les battrons à nouveau », a lancé M. Maduro, vêtu d’un survêtement aux couleurs du Venezuela.

« Le peuple a un projet! Le peuple a la force! Le peuple a un candidat: Nicolas Maduro Moros, fils (spirituel) de Chavez » (1999-2013), a ajouté le président.

M. Maduro, qui a notamment brandi une pancarte avec des dessins de Simon Bolivar (figure emblématique de l’émancipation des colonies espagnoles en Amérique latine) et de son prédécesseur Hugo Chavez, a aussi assuré que deux hommes armés liés au parti de Mme Machado ont été arrêtés après s’être infiltrés dans le cortège dans le but de l’assassiner. Le parquet a déclaré qu’ils seraient inculpés de terrorisme et de tentative d’assassinat. L’opposition a qualifié l’accusation d' »infondée ».

Nicolas Maduro, 61 ans, est l’héritier du « chavisme » pour un « socialisme du XXIe siècle » basé sur des nationalisations, une forte présence de l’Etat et de l’appareil militaire.

Plus de 60 pays, dont les Etats-Unis, n’avaient pas reconnu sa réélection en 2018, boycottée par l’opposition. Cette non-reconnaissance avait débouché sur des sanctions économiques visant notamment le secteur pétrolier du pays, qui dispose des plus grandes réserves d’or noir de la planète.

Feu rouge pour l’opposition

Il reste maintenant à savoir si Mme Machado, qui avait remporté haut la main les primaires de la PUD et semblait pouvoir rallier derrière elle l’ensemble de l’opposition, soutiendra ou non la candidature de Manuel Rosales.

Elle avait été déclarée inéligible, accusée par le pouvoir de corruption et de soutenir une invasion étrangère, ce qu’elle a toujours nié.

Pour pallier cette inéligibilité, elle avait désigné vendredi une professeure d’université, Corina Yoris, 80 ans, inconnue du grand public, pour la remplacer.

L’Argentine, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay ont exprimé dans un communiqué commun « leur préoccupation » sur le non-enregistrement de Mme Yoris.

De nombreux analystes estiment possible que le CNE ne voulait pas accepter une candidature pouvant déplaire au pouvoir parce que jugée difficile à battre.

M. Rosales ne fait pas l’unanimité dans l’opposition où on lui reproche ses contacts réguliers avec le président Maduro depuis qu’il est gouverneur du Zulia.

Le CNE n’a pas encore diffusé la liste des postulants inscrits. Pour le moment, au moins neuf autres candidats qui se présentent comme des opposants, mais sont considérés par l’opposition comme des « scorpions » collaborateurs du pouvoir, sont inscrits. L’opposition estime que leurs candidatures sont destinées à diviser les votes lors de ce scrutin à un tour. La liste définitive des candidats ne sera pas rendue publique avant fin avril. (SPF/2024)

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