TOGO: 19 morts au cours des répressions des manifestations selon le rapport du CACIT

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Le Collectif des associations pour la lutte contre l’impunité au Togo (CACIT) de rendre public ce jour un rapport sur la situation des droits de l’homme depuis le déclenchement des manifestations contre le régime de Faure Gnassingbé en août 2017.
Pour le CACIT, 19 morts personnes ont été tuées au cours des manifestations. Parmi ces 19 personnes décédée, selon l’association, il y a deux (02) militaires et quatre (04) mineurs.
Au nombre des décès, six (06) personnes sont mortes par balles, cinq (05) des suites de torture et de mauvais traitements et deux (02) par noyade. « En ce qui concerne les deux (02) militaires décédés, les éléments en possession du CACIT ne lui ont pas permis d’établir les circonstances exactes de leur décès », indique le rapport.
Sur le décès de deux (02) personnes asthmatiques qui avaient inhalées des gaz lacrymogènes dont l’une a été empêchée par les agents des forces de l’ordre et de sécurité de se rendre à l’hôpital et l’autre battue, le CACIT dit ne pas être en mesure d’établir la relation de cause à effet.
« Le CACIT a aussi noté un (01) décès par accident à Lomé devant le consulat du Sénégal. D’après les témoignages recueillis sur place, cet accident est lié au fait que le conducteur du camion tentait d’échapper à l’agression des groupements de malfaiteurs hostiles aux manifestants », lit-on dans le rapport.
A en croire le collectif, trois cent cinquante (350) personnes, tous des civils, sont blessées dans le cadre de ces manifestations. « La plupart des blessés avaient été flagellés, matraqués et présentaient des hématomes et des contusions », note le rapport. S’agissant des personnes arrêtées et détenues, elles sont au nombre de 560, selon le CACIT. La plupart ont été libérées. Il reste encore en détention 53 personnes, selon le rapport.
Au vu de ce tableau sombre de la situation des droits de l’homme au Togo, surtout durant la période précitée, le CACIT a formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement, des acteurs politiques, de la société civile et à la communauté internationale.
Au gouvernement, il demande, entre autres, de mener dans les meilleurs délais des enquêtes indépendantes, approfondies, crédibles, transparentes et impartiales, en accord avec les standards internationaux, pour identifier les personnes responsables des violences commises lors des manifestations. Aux acteurs politiques, le CACIT demande de la retenue dans les prises de position et dans les propos en vue d’assurer la cohésion sociale et la paix…
Rappelons que le premier rapport du Regroupement des jeunes africains pour la démocratie et le développement (REJADD), a parlé d’une centaine de personnes ayant trouvé la mort dans la répression des manifestations par les forces de l’ordre et des militaires. Le rapport évoque aussi plusieurs centaines de personnes blessées par balles. Quelques semaines après la publication de ce rapport, le président de cette association, Assiba Biova Johnson a été arrêté le 4 avril dernier et détenu jusqu’à ce jour à la prison civile de Lomé. Les appels pour sa libération et de bien d’autres acteurs de la société civile tombent dans les oreilles de sourds.
22 morts, un millier de blessés dont 200 par balles, dans la période du 19 août 2017 au 20 juillet 2018, c’est le rapport publié par la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH), quelques semaines plus tard, sur la répression des manifestations pacifiques de l’opposition par le régime de Faure Gnassingbé. Après la publication de ce rapport, le gouvernement a menacé la LTDH et ses responsables, tout en indiquant qu’une suite judiciaire sera réservée au dossier. (SPM/2018)

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