MALAWI: plus de 200 morts après le passage du cyclone Freddy

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LILONGWE, 15 MARS (ASPAMNEWS)- Les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants après le retour de Freddy dans cette région d’Afrique australe. Ce cyclone « hors norme » par sa trajectoire a fait près de 200 victimes, selon un bilan provisoire des autorités. 

Depuis dimanche, des pluies diluviennes s’abattent sur Lilongwe, provoquant inondations et glissements de terrain. Plusieurs districts sont touchés : Blantyre, la capitale économique, ou encore Mulanje et Nsanje, situés plus au sud.

Environ 19 000 personnes ont été déplacées. À Nsanje, une vingtaine de camps d’urgence a été installée pour les accueillir. Leurs besoins sont critiques. « De nombreuses personnes continuent d’affluer dans ces camps, explique Patrick Sipuni, responsable de la gestion des risques de catastrophes pour le district de Nsanje. Parmi eux, des enfants, des femmes, des hommes… Leurs communautés ont été inondées et tous leurs biens domestiques ont été emportés. Ils ont donc besoin d’une aide en termes d’articles ménagers, de nourriture, de kits d’hygiène et même de vêtements. Nous avons besoin de suffisamment de tentes à mettre à disposition des personnes déplacées, poursuit-il au micro de Cristina Okello, du service Afrique. Concernant les opérations de secours, nous avons réussi à sauver un grand nombre de personnes et les recherches se poursuivent. Nous espérons trouver d’autres survivants. Cependant, certaines données montrent que le cyclone Freddy continue d’avoir des effets dévastateurs, et la pluie continue de tomber. »

Un élan de solidarité se met en place depuis l’arrivée du cyclone Freddy. Depuis dimanche à Blantyre, l’association Malawi Land Rover Defender Club, s’active pour apporter de l’aide aux victimes et évacuer les personnes encore bloquées par les eaux.

Penjani Nsowoya est le président de l’association. Avec des véhicules tout-terrain, lui et ses quinze membres partent à la rescousse des sinistrés.

« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder nos concitoyens souffrir. Nous allons apporter notre pierre à l’édifice et aider les victimes à évacuer vers un endroit sûr. Ces inondations se sont produites sur la montagne de Soche. Les maisons ont été emportées, les routes sont impraticables, les ponts détruits. Avec nos 4×4, nous avons réussi à trouver des routes plus sûres, mais inaccessibles pour une voiture normale. Puis, nous avons commencé à recueillir les survivants que nous avons déposés dans l’une des écoles. Certaines personnes sont encore bloquées, et nous devons rapidement partir leur apporter de l’aide. Ce cyclone a provoqué de fortes pluies, il pleut sans cesse depuis quatre jours. À Blantyre, nous n’avons pas d’électricité. La situation est vraiment difficile. »

Au Mozambique, les alertes préventives ont limité les dégâts

Chez le voisin du Mozambique, Freddy a surtout frappé les provinces situées au centre du pays. Dans certaines de ces provinces, les pluies étaient si puissantes qu’il est tombé en une seule journée ce qui tombe habituellement en un mois.

D’après le Bureau des Nations unies de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), le second passage de la tempête tropicale dans le pays a détruit et endommagé près de 2 000 habitations, poussant 22 000 sinistrés vers les centres d’hébergement d’urgence pour la seule province de Zambézie.

« S’il n’y avait pas eu la prévention du gouvernement, les dégâts auraient été plus importants, confie l’homme d’affaires mozambicain Smith Atiena à Lígia Anjos, du service lusophone. Heureusement que le gouvernement a anticipé et informé les populations, jours après jours, minutes après minutes, sur les risques et l’intensité du cyclone Freddy. Les gens ont été prévenus à l’avance et ne sortaient plus, ainsi les dégâts ont été minimisés. Mais ce phénomène, c’est du jamais vu, je parle de tranches d’âge entre les 20 et 40 ans, on n’avait jamais vu telle chose. C’était si intense que nous sommes bouleversés par ce phénomène destructeur. »

Le cyclone Freddy a provoqué au moins dix décès lors de son passage dans la province de Zambézie, selon les données provisoires de la présidente de l’Institut national de gestion et de réduction des risques de catastrophes, Luisa Meque : « Nous comptons actuellement 22 000 personnes au niveau de nos centres d’hébergement dans la province de Zambézie qui correspondent à environ 4 000 familles, précise-t-elle à Orfeu Lisboa, notre correspondant à Maputo. Parmi les dix décès confirmés par le ministère de la Santé, neuf sont dus à l’effondrement des murs des maisons et un à la noyade. Dans les autres provinces, dans la province de Niassa, il pleut encore beaucoup, nous n’avons pas d’informations pertinentes pour le moment. La province de Sofala compte actuellement environ 8 000 personnes touchées. Nous pouvons également dire que pour la province de Tete, 23 personnes se trouvent dans nos centres d’hébergement. Nous continuons à demander aux gens de ne pas se rendre dans ces zones côtières. On reste en alerte maximum. Nous prévoyons encore de nombreuses pluies qui se produiront au niveau des provinces du centre, principalement la province de Zambézie. »

À Madagascar, le cyclone tropical a fait moins de dégâts que prévu, malgré les décès enregistrés et près de 300 000 sinistrés dans la partie sud de l’île, où les écoles et bâtiments administratifs de certaines villes sont toujours sous l’eau. (SPM/2023)

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