CÔTE D’IVOIRE/ SUCCESSION AU PDCI : Tidjane Thiam, un candidat qui divise

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ABIDJAN, 2 NOVEMBRE (ASPAMNEWS)- La succession de Henri Konan Bédié à la présidence du PDCI suscite des débats. Alors que le congrès du parti est prévu pour le décembre prochain, les candidatures s’annoncent déjà. Dans cette foulée, 48 parlementaires du parti ont appelé Tidjane Thiam à se porter candidat.

Cependant, une controverse entoure son éligibilité en raison de sa récente réintégration au Bureau Politique du PDCI. Selon certains élus du parti, l’ancien ministre a toujours porté et défendu les mêmes valeurs d’équité, de justice et de tolérance, gage d’une Côte d’Ivoire apaisée et prospère.

Ils soutiennent que le banquier international a toujours exprimé sa détermination à œuvrer pour un peuple ivoirien rassemblé autour d’un idéal fondamental de paix, ainsi que pour un PDCI-RDA réconcilié.

Un congrès extraordinaire est prévu en décembre 2023 pour élire le nouveau président du parti, et déjà, des cadres, Noël Akossi Bendjo et Maurice Kacou Guikahué, se sont déclarés candidats. S’il n’a pas encore affiché ses ambitions, des cadres et élus du parti sollicitent la candidature du ministre Tidjane Thiam. Ce qui n’est pas sans provoquer un vif débat autour des conditions d’éligibilité présentées à l’article 41 des statuts du parti.

La polémique a engendré une scission nette au sein du PDCI, avec deux camps distincts. Le premier considère que l’ancien dirigeant du crédit suisse remplit ces critères d’éligibilité, quand le second estime que sa récente nomination au Bureau Politique ne lui confère pas la légitimité requise pour se présenter.

Selon Doua Goré Justin, ancien vice-président du BEN de la JPDCI et membre du Bureau Politique, « les membres du bureau politique du PDCI-RDA ne sont pas élus. Contrairement à ce qui est écrit dans le texte, ils sont nommés par le président du parti à l’issue d’un congrès ou entre 2 congrès ».

« Après le 10ᵉ congrès de 1996, il y a eu le 11ᵉ congrès de 2002 et le 12ᵉ congrès de 2013. Et à l’issue de chaque congrès, il y a eu des membres de bureaux politiques nommés par le président du parti élu par le congrès », soutient ce cadre du parti doyen.

« En dehors de ces 2 congrès, il y a eu aussi des nominations au bureau politique. Monsieur Tidjane Thiam a été membre du BP en 1996. Il n’a plus figuré sur une liste de BP jusqu’à sa nomination ou réintégration au BP en mai 2023. À l’état actuel des choses, Monsieur Thiam totalise 6 mois (vous avez bien lu) de présence au Bureau politique du PDCI-RDA », poursuit l’ex-vice-président du BEN de la JPDCI.

Cependant, l’autre camp, auquel appartient Jean-Yves Esso Essis, membre du Bureau Politique et inspecteur du PDCI-RDA, soutient que Thiam a plus de 27 ans d’expérience au sein du Bureau Politique, en se référant à sa participation lors du 10ᵉ Congrès Ordinaire du Parti en 1996.

« Plusieurs preuves et images en attestent très clairement », assure Jean-Yves Esso Essis, qui se désole qu’on aille « chercher des poux sur le crâne d’un chauve ».

À mesure que le congrès extraordinaire du 16 décembre approche, cette division au sein du parti de Bédié s’intensifie, soulevant des questions cruciales quant à l’avenir du parti et à la manière dont il abordera la succession du Sphnix de Daoukro.

La candidature de Tidjane Thiam représente un défi de taille pour le PDCI, et la résolution de cet énigme politique déterminera qui dirigera le parti et le représentera lors de l’élection présidentielle de 2025.

Pour l’heure, l’ancien patron du Crédit Suisse ne s’est pas déclaré candidat à la tête du PDCI. Dans un entretien à la NCI, Tidjane Thiam s’était dit prêt à apporter son expérience à la Côte d’Ivoire. Plusieurs obervateurs le voient déjà comme candidat à la présidentielle de 2025. (SPM/2023)

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