GUINEE EQUATORIALE: le fils du président arrêté pour une présumée corruption rétablit la vérité des faits

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BATA, 20 JANVIER (ASPAMNEWS)- Ruslan Obiang Nsue, l’un des fils du président équato-guinéen soupçonné d’avoir vendu un avion de la compagnie aérienne nationale, arrêté lundi, puis placé en résidence surveillée, rétablit les faits.

Dans un communiqué, il explique que les avions appartiennent à Ceiba International et non à l’Etat. « Les avions sont devenus la propriété de Ceiba Intercontinental et par conséquent ont cessé d’être la propriété du Gouvernement de La Guinée Equatoriale, par courrier de la Présidence de la République n°297, du 26 janvier 2015, par lequel on ordonne la cession des avions à la Compagnie Ceiba Intercontinental GE, S.A. », indique le communiqué.

Alors qu’il était directeur adjoint de la compagnie Ceiba International, il a pris des décisions afin de sauver la face à la compagnie qui était sous le poids de la dette. Et, il ne regrette pas d’avoir pris ces décisions. Lisons plutôt le communiqué.

Communiqué

Messieurs,

Face aux graves accusations portées contre ma personne ces derniers jours, je crois qu’il est indispensable que la vérité sur cette affaire soit connue.

Le 1er juin 2012, M. Bienvenido Esono Engonga représentant Ceiba Intercontinental a souscrit un contrat pour la maintenance d’avions ATR72/42, alors propriétés du Gouvernement de Guinée Equatoriale, bien qu’il soit mentionné dans le contrat qu’ils appartiennent à la Ceiba, et ceci ayant été examiné par M. Sergio Tomo, dont le visa y figure.

Nonobstant ce fait, ces avions sont devenus la propriété de Ceiba Intercontinental et par conséquent ont cessé d’être la propriété du Gouvernement de La Guinée Equatoriale, par courrier de la Présidence de la République n°297, du 26 janvier 2015, par lequel on ordonne la cession des avions à la Compagnie Ceiba Intercontinental GE, S.A. Le procès-verbal d’exécution de ce mandat qui mentionne de façon spécifique les avions est resté en annexe du procès-verbal du Conseil d’Administration de la Compagnie rendu public par M. Fernando Engonga Obama, Notaire à Malabo, le 22 novembre 2017, sous le numéro 4943 de son protocole et inscrit dans le Registre du Commerce de Malabo.

Le 25 Mai 2016, avant que je ne sois désigné Directeur Général Adjoint de Ceiba Intercontinental, l’avion ATRR7212, immatriculation LLI, et je répète qui était déjà la propriété de la Compagnie Ceiba Intercontinental, a été envoyé à l’aéroport de Gran Canaria, à Telde (Las Palmas), sans qu’à ce moment il n’existât une panne de l’avion ou une révision en instance.

La dette que Ceiba Intercontinental avait contractée avec Binter pour des services de maintenance antérieurs à cette date s’élevait à ce moment à 2.678.392,06 Euros, sachant que le contrat  stipulait clairement qu’il pouvait y avoir des retards dans le paiement.

De son atterrissage jusqu’au 28 juillet 2016, l’avion est resté sur les pistes avec juste des tâches essentielles de maintenance vu que Ceiba Intercontinental ne payait pas sa dette, et ne donnait non plus aucune explication relative à la présence de l’avion là-bas.

Le 14 juin 2016 les moteurs de l’avion ont été démontés pour être remis au fabricant étant donné qu’ils devaient faire l’objet de maintenance.

Le défaut de paiement à Pratt & Whitney est à l’origine du non-retour à Las Palmas des moteurs et rendra particulièrement difficile la préservation de l’avion.

Le 1er juillet 2016, Mrs Patrice Kabore et Rita Mueda sont informées par Binter, que suivant leurs propres instructions l’avion LLI a été cannibalisé afin de mener à bien l’inspection de l’avion portant immatriculation LLH. Le 13 janvier 2017, M. Pablo Alves écrit littéralement à Binter que « la haute Administration de Ceiba est d’accord avec la « cannibalisation » de l’avion au profit de l’avion LLH, y que par conséquent les hublots de l’avion sont à enlever également ». 

A partir de ce moment, la détérioration évidente de l’avion a augmenté de façon exponentielle, étant donné que se sont succédé les ordres de Ceiba Continental à Binter pour démanteler progressivement l’avion, ce qui induit la consommation du nombre d’heures d’ingénierie destinées au départ à la maintenance de l’avion, mais au final utilisées pour cette cannibalisation.

Tout cela reflété dans des e-mails entre les deux compagnies et dans les ordres envoyés depuis le département de la maintenance de Ceiba Intercontinental.

En octobre 2018, alors que j’étais Directeur Général Adjoint, nous avons reçu une réclamation de paiement de la part de Binter, et il semblerait que depuis 2017 la compagnie doit 1.493.330,37 Euros pour 10 factures dues entre 2016 et 2017 pour les travaux décrits antérieurement qui n’avaient pas été payées, ainsi que les frais de loyer de l’espace occupé dans   l’aéroport par l’avion propriété de AENA y qui s’élevaient à 9.000 Euros par mois, accumulés depuis juillet 2016, moment où l’avion avait atterri.

L’état de l’avion était horrible, raison pour laquelle, nous avons demandé au constructeur, l’entreprise ATR de se déplacer et de réaliser une estimation de l’avion.

Le rapport de cette entreprise où figurent des photos de chaque élément endommagé de l’avion a conclu que rien que les pièces de rechange nécessaires à sa réparation pourraient atteindre un coût supérieur à 4 millions d’euros.

Après un intense débat avec Binter, que la Ceiba Intercontinental essaie de rendre responsable de la détérioration de l’avion, pour avoir ignoré les ordres de leur propre équipe d’ingénieurs, le 5 août 2019, la Présidence de la Compagnie a ordonné qu’une commission mixte avec des techniciens de l’entreprise Aeromec et de Ceiba Intercontinental se rende de nouveau aux Iles Canaries pour évaluer in situ les solutions possibles au problème.

Le 28 octobre 2019, cette commission a émis un rapport où la responsabilité de Ceiba Intercontinental est clairement établie, en accord avec le cours des événements relatés dans  les e-mails, les rapports de travail et les rapports des différents ingénieurs qui ont examiné l’avion.

Cette information a été transmise au Conseil d’Administration qui lors de sa réunion a reçu l’ensemble des décisions avec les différentes options qu’il était urgent d’adopter, au regard du coût élevé pour garder l’avion dans cet aéroport.

Concrètement, le document propose :

1.      De réparer l’avion dont le coût sans la main-d’œuvre s’élèverait à 4.395.30$

2.      De vendre l’avion et de négocier pour que l’entreprise acquéreuse se charge de son démantèlement.

La conclusion de ce Conseil a été de rassembler des offres de vente vu que la Compagnie ne pouvait supporter le coût de la réparation de l’avion

Cependant, en mars 2020, la pandémie a éclaté et AENA a exigé de Ceiba Intercontinental qu’il enlève l’avion vu qu’il ne payait pas, l’espace étant nécessaire pour d’autres compagnies  qui travaillent aux Canaries, et il existait un risque environnemental suite à la détérioration    avancée de l’avion.

Au cas où il n’y aurait ni réponse ni enlèvement de l’épave, AENA elle-même effectuera le processus de démantèlement à la charge de la Ceiba Intercontinental.

Entre mars 2020 et décembre 2020, un nombre infini de lettres a été remis aux dirigeants de Ceiba Intercontinental, mais également au Ministère de l’Aviation Civile, les invitant à prendre en urgence une décision qui en outre pourrait alléger la grave situation d’endettement dans laquelle se trouvait Ceiba Intercontinental.

Le bilan de la situation de la Succursale au 31décembre 2020, présenté dans le Registre du Commerce en Espagne, fait état d’une dette avec des prestataires de 866.194,14 Euros, sans compter la dette accumulée avec l’Administration, et les travailleurs, qui avaient été abandonnés, littéralement à leur sort en Espagne et qui heureusement avaient été épaulés par des avocats espagnols à travers un ERTE négocié par eux-mêmes à leurs propres frais , et comme la Ceiba ne les payait plus du tout, ils ont continué à le renouveler, avec comme finalité le paiement des sommes dues par la Sécurité Sociale Espagnole. Et ceci bien que la Compagnie ait décidé alors de ne payer ni l’Administration Espagnole, ni la Sécurité Sociale ni l’Administration fiscale.

En définitive, c’était juste une question de temps, pour que les journaux relaient l’information selon laquelle la première succursale constituée légalement en Espagne, d’une entreprise équato-guinéeenne, était en train de gruger l’Administration espagnole.

Par conséquent, étant l’unique personne habilitée à signer pour la société, vu que les Directeurs Généraux qui m’avaient précédé, ne s’étaient pas préoccupés d’inscrire leur charge dans les Registres du Commerce compétents, de la Guinée Equatoriale et de l’Espagne, je me suis vu dans l’obligation de sauvegarder les intérêts de la Compagnie Ceiba Intercontinental et bien entendu de mon pays, et j’ai autorisé le démantèlement de l’avion pour la somme de 250.000 Euros que j’ai utilisé dans le paiement à AENA, ce dont BINTER s’est chargé directement et pour le reste des prestataires en particulier ceux qui avaient déjà entamé des poursuites judiciaires contre l’entreprise et qui avaient un titre exécutoire contre elle.

Je ne regrette aucune des décisions que j’ai prises, comme je l’ai dit, j’ai pris la décision en mon âme et conscience et en toute responsabilité, une responsabilité d’Etat.

Les documents mentionnés ont été mis à la disposition des personnes qui en ont fait la demande et comme vous le voyez cela me permet d’avoir la conscience vraiment tranquille, je sais que l’on cédera le pas à la justice face à ce cirque médiatique.

Je rappelle également, comme je l’ai dit à l’entame de mon propos, que les avions ne sont pas la propriété de l’Etat, mais de Ceiba Intercontinental, et donc je ne comprends pas que des personnes de ce pays puissent s’octroyer des compétences qu’elles ne possèdent pas et qui, sans nul doute, portent énormément préjudice à l’image de notre pays que nous nous efforçons de présenter depuis des années comme un pays démocratique.

Ainsi, afin de préserver la bonne réputation de notre État, j’exige que cesse cette campagne de diffamation contre ma personne, parce que je comprends que cette persécution est cynique et ne peut que provoquer un plus grand mal à l’image de notre pays si l’escalade de discrédit continue, car comme je l’ai dit, j’ai toujours eu à cœur de garder tous les documents dont j’avais pris connaissance, aussi bien ceux qui prouvent mon innocence que ceux qui peuvent démontrer la culpabilité de beaucoup d’autres, mais je le répète, cela ne servirait qu’à alimenter la presse européenne avide de pouvoir continuer à diffuser des informations négatives sur notre pays, et que j’ai essayé de préserver, pour ma part, par une attitude discrète et mesurée.

RUSLAN OBIANG NSUE

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