ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU: réformes financières concernant l’Afrique non tenues, l’Europe et États-Unis bâtis avec les richesses esclavagistes

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WASHINGTON, 21 SEPTEMBRE (ASPAMNEWS)– Certains dirigeants africains, pas des moindre, au cours de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), ont dénoncé dans leurs interventions, les promesses et engagements financiers non tenus des pays riches vis-à-vis de l’Afrique et ont souligné qu’une grande partie de l’Europe et des États-Unis ont été bâtis à partir des richesses récoltées grâce aux horreurs de la traite des esclaves, tout en invitant ces pays occidentaux à payer les réparations pour l’esclavage.

Dans son discours cité par l’agence Sputnik, Ramaphosa a déclaré que les engagements pris par la communauté internationale pour promouvoir le progrès des pays en développement, y compris les pays africains, n’ont pas été respectés. Il a également souligné le fait que cela doit amené à comprendre qu’il y a de nombreuses réformes à effectuer au sein des ces institutions financières. 

« L’Agenda 2030 pour le développement durable adopté en 2015 reposait sur le principe selon lequel les personnes les plus vulnérables du monde recevraient le soutien dont elles ont besoin […]. Cependant, lorsque la solidarité était la plus nécessaire, les engagements internationaux convenus n’ont pas été honorés », a-t-il indiqué.

Ramaphosa estime qu’il faut réformer l’ensemble de l’architecture financière internationale existante afin de pouvoir relever les défis actuels du monde. « Les économies émergentes doivent participer sur un pied d’égalité à la prise de décision sur les questions clés de l’économie mondiale », a-t-il déclaré.

le président de la République du Ghana, Akufo Addo, a souligné que le moment était venu de mettre la question des réparations au premier plan. « Il est temps de reconnaître ouvertement qu’une grande partie de l’Europe et des États-Unis ont été bâtis à partir des immenses richesses récoltées grâce à la sueur, aux larmes, au sang et aux horreurs de la traite transatlantique des esclaves », a indiqué Akufo-Addo. 

Il a ajouté que « des réparations doivent être payées », ajoutant que même si aucun argent ne compenserait les horreurs de la traite négrière, cela montrerait que des millions d’Africains « productifs » étaient mis au travail sans compensation.

La traite transatlantique des esclaves, qui a touché des millions d’Africains, a été la plus grande migration forcée de l’histoire et l’une des plus inhumaines, selon l’ONU. L’exode des Africains s’est étendu à de nombreuses régions du monde sur une période de 400 ans. Le Ghana était l’un des points de départ de nombreux esclaves en Afrique de l’Ouest.

João Lourenço, le Président angolais a plaidé pour un soutien financier nécessaire, en particulier au Sahel, afin de lutter contre l’insécurité en Afrique. Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait se servir de contributions des États membres, a-t-il suggéré.

L’Afrique a besoin d’une large assistance financière pour lutter contre le terrorisme international qui déstabilise diverses régions du continent, a déclaré ce 20 septembre João Lourenço, le Président angolais, lors du débat politique général de la 78e session de l’Assemblée générale de l’Onu.

“Les pays africains ont besoin d’une aide financière pour les programmes de lutte contre le terrorisme. Cette partie du continent souffre des actions des groupes terroristes qui sont apparus lorsqu’un vide de pouvoir a été créé en Libye, y ont pris racine et ont commencé à se répandre dans les pays voisins”, a-t-il rappelé.

D’autres présidents ont tiré le drap de leur côté. C’est le cas du président la RDC, Félix Tshisekedi, qui a appelé à un retrait plus rapide de la force de l’ONU dans son pays, à partir de cette année.

Tshisekedi a déclaré, devant l’Assemblée générale de l’ONU, qu’il avait chargé son gouvernement d’entamer des négociations avec l’ONU pour avancer « le début de ce retrait progressif de décembre 2024 à décembre 2023 ».

Dans sa déclaration, le président de la RDC a indiqué que la MONUSCO n’avait pas réussi à ramener la paix dans le pays malgré sa présence depuis environ 25 ans, ajoutant qu’il était « illusoire et contre-productif de continuer à s’accrocher » à la force pour maintenir la paix.

Rappelons que la Monusco compte près de 18 000 hommes dans le pays, dont plus de 12 000 soldats, ce qui en fait la deuxième plus grande mission de l’ONU au monde. Mais elle est devenue de plus en plus impopulaire ces dernières années et a fait l’objet de plusieurs manifestations depuis l’année dernière.

Les manifestants les accusent de ne pas avoir protégé les civils contre des décennies d’attaques des nombreux rebelles qui opèrent dans l’est du pays, riche en minerais. (SPM/2023)

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