TOGO/ENVIRONNEMENT: Les quartiers de Lomé dégagent des odeurs nauséabondes

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Des rues propres et artères chaque fois balayées par les bonnes femmes et d’une belle végétation d’hier, Lomé la capitale du Togo et toute son agglomération se sont aujourd’hui transformées en un vaste univers d’odeurs et puanteurs diverses qui ne dérangent plus grand monde. En effet, les quartiers comme Agbalépédogan, avec le bassin de rétention, Gbadago avec ses caniveaux non curés à ciel ouvert, Nukafou avec ses ruelles bondées d’eau stagnantes sans oublier Agoè, puent au sens propre du terme.

Absents des plants d’urbanisme, de rénovation urbaine, de restructuration et d’architecture, les arbres et ces espèces naturelles ou exotiques qui font la grandeur des grandes villes ne sont de mise à Lomé. Et cela, non pas à cause de la sécheresse, mais surtout de la négligence et de l’indifférence des hommes.

Lisbonne n’est pas la ville aux parfums pour rien. La capitale portugaise qui est l’une des plus belles d’Europe le doit, à sa végétation variée d’arbres à fleurs qui bordent les rues. De Rossio dans le centre au nouveau parc d’attraction du côté de Moscavides, Lisbonne est une belle ville. Paris doit la réputation des Champs Elysées, pour ce rideau d’arbres qui fait le bonheur du visiteur et de la population. Et Lomé alors ?

Dans les années 1980, le visiteur qui prenait pour la première fois, le boulevard de la paix venant du nord de la capitale jusqu’à la colombe de la paix, admirait la propriété et la belle verdeur. Un bonheur pour les enfants. Aujourd’hui, que reste-t-il de tout cela ? Rien.

Sinon, une ville qui a du mal à se renouveler et s’adapter au monde vert que tout le monde proclame partout. Et, voilà qui caractérise Lomé nouveau, terre sans inspiration dominée par le manque d’inspiration et d’horizon sur le futur de la cité. Si Lisbonne est la ville des parfums, Lomé bât à elle, le record des odeurs dans le sens mauvais du terme.

La ville baigne depuis des années dans un parfum nauséabond que dégage des caniveaux mal curés. Il n’y a pas d’aires de loisirs. Toute la littérature propre à la botanique n’existe plus, ni dans les écoles.

Le métier d’horticulteur et fleuriste n’a pas plus beaucoup sauf pour les grandes maisons au niveau des quartiers comme Caisse et Cité OUA. Tokoin Habitat qui était l’un des quartiers les plus modernes de la ville a changé. Le quartier s’est gravement appauvri et le renouvellement des générations dans la famille n’a pas eu lieu.

Le manque vision des différentes autorités est une catastrophe pour tout le pays. La vérité est qu’aucune région, aucune ville ne compte réellement sur une économie urbaine rurale viable. Lomé souffre aussi de l’encombrement des nombreuses agressions subies par l’espace mais aussi de ses canaux dans lesquels l’on jette du tout.

Or, pour qu’une ville sente bon, il lui faut aussi tous ces éléments comme les fleurs et des arbres autres.

La moindre pluie fait planer sur la cité, une bonne dose de mauvaises odeurs auxquelles les populations semblent bien habitués. Des chiens errants morts qu’on laisse en pleine rue. Des déjections animales sur la rue qui ne gênent personne.

Et ce fait, ni les populations et encore moins la mairie, si elle existe, qui est bien loin de ses questions ne font rien. Les abords de marché laissés à la pourriture sans aucune initiative de nettoiement des lieux à l’eau chaude.

Habitués aux saletés en tout, les Loméens vivent avec et veulent attirer des touristes. Le résultat ne s’est pas fait attendre, en dehors du tourisme d’affaire, Lomé n’attire plus que le tourisme de réunion. La ville a changé d’âme et de rêve ; et cela pour longtemps encore.

Dans ce décor où l’on cherche à faire plus moderne, l’utile et l’agréable ont disparu laissant la place à des espaces sans vie. Mais, face à l’option de rendre invisible la terre dans la ville, avec la construction des routes, le constat est qu’il n’y a pas de place laissée aux arbres le long des rues. (NKA/2018)

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